Quand nous faisions des circuits au Maroc, les moussems étaient bien évidemment des événements qui intéressaient nos clients et nous essayions toujours de proposer des іtіnérаіrеѕ autour de certains d’entre eux, les plus célèbres.
La fête des Roses de Kelaa M’Gouna

C’est aujourd’hui une fête très organisée, à laquelle assistent les officiels. Mais restent intacts le plaisir de se mêler à la foule bruyante et heureuse, de profiter de la qualité des spectacle, de traîner dans le souk qui a envahi les rues de la ville.
Il vaut mieux arriver deux ou trois jours avant, pour pouvoir profiter des jardins de roses de la Vallée. Le jour de moussem, toutes les roses sont coupées, et les colliers de fleurs qu’on vous proposera pour quelques dirhams ne remplacent pas la beauté foisonnante des rosiers épanouis.
La date du festival dépend de la récolte des roses, est n’est connue avec certitude que deux ou trois semaines avant. Si vous voulez voir le moussem, prévoyez vos dates de voyage un peu large, et vérifiez à la dernière minute quand il a lieu.
Boukhari Tamegroute, près de Zagora
Ce moussem a lieu un mois après l’Aïd-El-Kebir, dans la zaouïa de Tamegroute, fondée au XVII° par Abu Abdallah Mohammed Abu Nasr et disposant d’une impressionnante bibliothèque, dont le manuscrit le plus ancien remonte à 1063. Il fut aussi grand voyageur, faisant six pèlerinages à la Mecque, chacun précédé d’un grand voyage (Egypte, Irak, Perse…) et ramena de ses expéditions une impressionnant соllесtіоn ԁе mаnuѕсrіtѕ. A sa mort, en 1707, la bibliothèque de la Zaouïa compte plus de 4000 manuscrits, dont de très rares écrits du XIII° siècle, encre et brou de noix sur parchemin de gazelle. Ce pèlerinage est l’un des plus importants au Sud du Maroc.

La zaouia est encore en activité, ce moussem est essentiellement religieux. Le prochain aura lieu le mercredi 27 mai 2026.
Le moussem des fiançailles d’Imilchil
Aït Ibrahim et Aït Yaaza étaient les deux fractions de la tribu des Aït Hadiddou, en guerre l’une contre l’autre. Mais dit la légende, une jeune fille Aït Yaaza aimait un beau Aït Ibrahim (qui était peut être un Aït Brahim ?). Roméo et Juliette au Haut-Atlas, ils connurent la même destinée tragique, de mourir sans pouvoir s’aimer ni se marier. Ils pleurèrent lеur аfflісtіоn, et toutes les larmes de leur corps, qui donnèrent naissance aux lacs jumeau Isli (le fiancé) et Tislit (la fiancée). Leurs parents, repentis, décidèrent qu’une fois par an, jeunes gens et jeunes filles pourraient se choisir librement, et que ceux qui décidaient au moussem de se marier ne rencontreraient aucune opposition à leur union.

« Depuis » se tient chaque année le moussem des fiançailles, à Imilchil, ou plus exactement à Aït Ameur, fin août. C’est la grande fête des Aït Hadiddou, qui comprend encore de nombreux nomades, et sur trois jours se succèdent tous les événements de la vie familiale, circoncision des enfants, fiançailles et mariages.
Situé dans un paysage extraordinaire, ce moussem est à ne pas manquer. Là encore, renseignez-vous, les dates exactes sont connues assez tardivement.
Le moussem des dattes, à Erfoud
Avant 2006, il avait lieu au mois d’Octobre, après la récolte (donc encore une fois, un moussem dont la date n’est pas fixée longtemps à l’avance), pendant trois jours, on fêtait la moisson, et ce fruit dont les marocains raffolent.
C’est la gourmandise de tous les jours, le fruit que l’on prend avec du petit lait à la rupture du jeune pendant le mois de Ramadan, mais aussi l’aliment énergétique et léger qu’on emmène dans ses voyages. Certaines sortes de dattes peuvent être conservées pendant des années sans s’abimer…. mais sont tellement dures alors qu’elles doivent être râpées, ou longtemps trempées dans l’eau pour être consommées !

Sous les tentes berbères montées pour l’occasion, vous pouviez déguster dattes et thé à la menthe, bien sûr, et aussi la spécialité d’Erfoud, la kahlia, un tagine de hachis de mouton, avec des œufs, de la tomate, des oignons, des poivrons, et pas moins de 44 épices. Le troisième jour, à ne manquer sous aucun prétexte, se tenait la course de dromadaires, dans les dunes de Merzouga. Malheureusement, en 2006, le moussem a été remplacé par une « Foire internationale des Dattes ». Avancé à mi septembre, il a, selon les mots mêmes des autorités touristiques, « délaissé les aspect sociaux au profit de ses objectifs commerciaux ».
A éviter…
Quelques autres moussems agricoles
D’autres moussems ou festivals sont organisés autour des moissons, comme
- le moussem des Amandiers, à Tafraoute, dans la région d’Agadir (la dernière édition a eu lieu le 24 février 2024) ;
- la fête du Miel à Imouzzer, dans la région d’Agadir (normalement en juillet-aout, dernière édition connue en mai 2022) ;
- la fête des Cerises de Séfrou, dans la région de Fès (en juin). Ce festival a été inscrit en 2017 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité ;
- le moussem de Tan Tan, lui aussi inscrit sur la liste du patrimoine culturel mondial, août ou septembre ;
- la fête des Clémentines à Berkane, près d’Oujda (novembre).

Des moussems religieux
A la différence des moussems « agricoles », leur but premier est plutôt d’honorer un saint. Mais ils sont aussi l’occasion de réunions, de manifestations sportives, de fêtes et de la tenue d’un grand souk.
- la semaine du dromadaire, à Guelmim ou Moussem Sidi Ben Omar Al Asriri , en juillet, et sa fameuse course de dromadaires ;
- le Moussem Moulay Abdellah Amghar à côté d’El Jadida (juillet ou août) c’est la fête traditionnelle du cheval ;
- le moussem de Moulay Idriss Al Akhbar, à Moulay Idriss Zerhoun dans la région de Meknès ; considéré comme « le pèlerinage du pauvre » il rassemble de nombreuses confréries, soufies et aissaouas (fin août).

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