La première fois que je suis venue au Maroc, c’était en février 2004. L’année où, après 16 ans d’attente, le Maroc est arrivé en demi-finale de la CAN, puis en finale. Moi qui ne suis pas tellement fan de foot, j’ai découvert l’enthousiasme d’un pays tout entier derrière son équipe.

Et cette année, la demi-finale de 2022 va se rejouer, entre la France et le Maroc, mais en quart de finale. Demain, le 9 juillet, deux excellentes équipes vont s’affronter au Gillette Stadium, à 22h marocaines.
Comme pour les précédents matchs, je vais suivre l’évolution du score aux clameurs de la rue. Comme pour les précédents matchs, si le Maroc gagne, la rue sera un peu vide le lendemain matin et ceux qui n’auraient pas suivi le match en direct se plongeront sur leur téléphone pour revoir les meilleurs moments.
La remarquable progression de l’équipe marocaine
Personne n’aurait prévu cela il y a dix ans. L’arrivée du Maroc en demi-finale en 2022 a surpris tout le monde. Et aujourd’hui, ce classement parait normal. Mais il faut quand même se souvenir qu’au cours de son histoire, le Maroc a souvent été la « première nation africaine » à marquer.
Des débuts modestes aux premiers exploits (1922-1986)

L’équipe du Maroc, surnommée les Lions de l’Atlas, a vu le jour dès 1922 sous l’ère coloniale avec la Ligue du Maroc de football (LMFA), avant de disputer son premier match officiel en tant que nation indépendante le 19 octobre 1957 face à l’Irak.
Après une affiliation à la FIFA en 1959 et à la CAF en 1966, le Maroc enchaîne les premières qualifications historiques : première Coupe du monde en 1970 (où il décroche le premier point africain de l’histoire de la compétition), puis sacre continental en 1976 en remportant la Coupe d’Afrique des nations en Éthiopie. Le sommet de cette première ère d’or arrive en 1986 au Mexique, où le Maroc devient la première nation africaine à franchir la phase de groupes d’une Coupe du monde, éliminant notamment le Portugal et s’inclinant de justesse en huitièmes de finale face à l’Allemagne (0-1).
Renaissance et apogée mondiale (2004-2025)
Après une longue traversée du désert marquée par des échecs en éliminatoires et des éliminations précoces, la sélection connaît un tournant décisif avec l’arrivée d’Hervé Renard en 2016, qui qualifie le Maroc pour la Coupe du monde 2018 après vingt ans d’absence. Mais c’est sous la direction de Walid Regragui, à partir de 2022, que les Lions de l’Atlas entrent dans la légende : lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, le Maroc réalise un parcours historique en devenant la première équipe africaine et arabe à atteindre les demi-finales, terminant finalement à la quatrième place. Aujourd’hui, Mohamed Ouahbi a repris les rênes de la sélection nationale.
Cette performance s’inscrit dans une dynamique de fond portée par une génération dorée (Hakimi, Ziyech, Amrabat, Bounou) et une diaspora marocaine en Europe de plus en plus influente. En 2025, le Maroc établit même un record mondial avec 19 victoires consécutives en matchs internationaux et remporte la Coupe d’Afrique des nations à domicile, consolidant son statut de grande puissance footballistique africaine et mondiale.
En 2025, le Maroc a collectionné les titres :
- Vainqueur de la CAN
- Vainqueur du CHAN
- Vainqueur de la Coupe arabe
- Champion du monde U20
Comme quoi, quand on veut… on peut !
Ce sera donc un France – Maroc en quart de finale, qui rappelle bien sûr la demi-finale de la coupe du monde de 2022. Les Marocains espèrent sérieusement battre la France et les memes qui rappellent la place du poulet dans la gastronomie marocaine fleurissent.

En tout cas, les Français ne sous-estiment pas le Maroc
Une coupe du Monde très politisée
Beaucoup qu’en 2022, cette Coupe du Monde est politisée et j’ai vu ses les réseaux sociaux une agressivité à l’encontre du Maroc qui n’est pas très agréable. Toute l’Afrique n’était pas derrière le Maroc, loin de là. Cce qui est un peu normal, en début de compétition il y avait 10 pays africains, 8 en seizième de finale, mais seulement 2 en huitième de finale.
La blessure de la CAN
La finale de la CAN ne s’est pas très bien passée, c’est peu de le dire. Avec une équipe sénégalaise qui quitte le terrain pendant 15 minutes, puis revient sans que l’arbitre ait sanctionné ce départ en constatant – comme il aurait dû le faire – un forfait. Avec ensuite un tir au but complètement raté qui donne la victoire au Sénégal. Des accusations sur les joueurs marocains allant voler des serviettes derrière le but sénégalais. Et des débordements importants des supporters sénégalais dans les gradins. Quinze stadiers ont fini à l’hôpital après les débordements, dont un dans un état grave.

La Fédération marocaine de football porte alors plainte auprès de la CAF et de la FIFA. Et plus d’une centaine de supporters sénégalais sont emprisonnés. Le 17 mars 2026, la CAF annule la victoire du Sénégal au profit du Maroc. Ce dernier fait aussitôt appel auprès du Tribunal Arbitral du Sport. Appel qui n’est pas suspensif, et dont le résultat ne sera connu qu’après la Coupe du Monde.
Les deux pays soutiennent donc chacun avoir gagné la CAN. Et se sont beaucoup insultés sur les réseaux sociaux. Les Marocains n’ont vraiment pas digéré l’affaire. Une femme a expliqué avoir licencié sa femme de ménage sénégalaise « en représailles » et les Sénégalais sur Facebook témoignent d’agression.
Si le climat s’est peu à peu détendu avec la grâce royale accordée aux Sénégalais et même des articles louangeurs de la presse sénégalaise, quelque chose semble s’être durablement brisé.
Les provocations algériennes
Depuis quelques années, l’ambiance entre le Maroc et l’Algérie est au « noir fixe ». Ce qui était autrefois des positions politiques qui n’avaient pas d’impact sur la relation entre les individus s’est peu à peu transformé. Sur les réseaux sociaux, des comptes algériens propagent des fake news, toutes bien entendu très critiques sur le Maroc. Et les Marocains grimpent au rideau et les insultent en retour.
Cela s’est amplifié avec la Coupe du Monde, ces comptes ressortant le problème de la CAN et accusant les Marocains d’être de mauvais joueurs de foot incapables de gagner « honnêtement » une coupe.
L’organisation américaine et le prix de la paix décerné à Trump
Loin de ces affaires finalement très maroco-marocaines, l’organisation de la Coupe du Monde elle même a soulevé beaucoup de critiques : refus de visa pour un arbitre, problèmes de visas pour de nombreux supporters, les conflits du Moyen-Orient s’invitent sur le stade. Et si Trump n’a pas interdit aux Iraniens de participer, il ne les laissaient rentrer aux USA que le jour du match.
Enfin, le très étrange « prix de la Paix » accordé à Trump par Gianni Infantino (il se prend pour le Comité Nobel ?) a fait lever beaucoup de sourcils et de soupçons de corruption.
L’annulation du carton rouge
Soupçon renforcés par l’annulation du carton rouge infligé à Folarin Balogun, avant le match États-Unis Belgique.
Et ce commentaire
Annulation qui n’a pas empêché les États-Unis de se prendre une déculottée face aux Belges, 4 à 1 ! Ce qui a fait dire à Trump que le match était truqué !
Alors Jeudi, Dima Maghrib !
Bref… jeudi est un match important, entre deux grandes équipes. Mais entre mon pays d’origine et mon pays d’adoption, j’ai choisi… Dima Maghrib encore une fois !

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