Le Maroc retiré de la liste des pays sûrs de l’Union Européenne

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Hier, le Maroc, “grâce” à l’explosion de cas de Coronavirus, a été retiré de la liste des pays sûrs de l’Union Européenne.

C’était ce que cherchait à éviter à tout prix le gouvernement marocain.

Cette mesure européenne n’est qu’une recommandation, que chaque état-membre peut choisir d’appliquer ou pas. Il faut donc voir ce que vont décider la France et l’Espagne, les deux principaux partenaires de notre pays.

Globalement, les conséquences seront :

  • des possibilités encore plus restreintes de voyage pour les personnes non-résidentes au Maroc ; jusqu’à maintenant, il était toujours possible (mais pas simple), d’arriver à venir au Maroc sans être résident ni marocain, en justifiant de l’impérieuse nécessité et en obtenant une autorisation consulaire : une exemption est également prévue pour les voyageurs ayant une fonction ou des besoins essentiels comme le personnel médical.
    Resterait à trouver des moyens de transports, bien sûr. Désormais, il y a un risque que ce soit le pays de départ qui bloque le déplacement (comme la Belgique le fait pour certaines destinations). La prise en charge d’une contamination par les assurances sanitaires au retour du Maroc peut aussi, dans certains pays, être refusée (la Suisse).
  • Sans doute le maintien de la fermeture des frontières avec Ceuta, Melilla et Algesiras, et la perte de travail pour les saisonnières marocaines qui auraient dû faire les vendanges et les récoltes en Espagne.
  • Sans doute une diminution drastique du nombre de vols, les rapatriements ayant théoriquement été faits lors de l’opération spéciale. D’ailleurs, le premier ministre a confirmé que l’espace aérien marocain resterait fermé jusqu’à nouvel ordre.
  • L’impossibilité de tabler sur un redémarrage touristique pour l’automne. Si certains avaient encore des espoirs de voir l’activité touristique redémarrer en septembre ou en octobre, plus personne ne prendra le risque de réserver à l’avance dans une destination “non sûre”. Même en rouvrant ses frontières en octobre, le Maroc aura perdu tous les touristes qui planifient leurs vacances à l’avance.
  • De longues semaines supplémentaires pour les familles qui sont séparées, pour les “non résidents qui vivent à l’année” et qui sont bloqués à l’extérieur du pays.
  • Sans doute une nouvelle prolongation de la validité des titres de séjour, ou plutôt, à la marocaine, de l’indulgence pour ceux qui dépassent les délais.

C’était difficile à éviter

On a beau retourner les choses dans tous les sens, je ne vois pas comment le gouvernement marocain aurait pu gérer différemment l’Aïd, sans faire preuve d’une brutalité inacceptable vis-à-vis des populations cherchant à forcer les barrages.

Annoncer beaucoup plus tôt l’interdiction de circuler pour l’Aïd, comme beaucoup l’ont préconisé, n’aurait pas été compris : à l’époque, les chiffres étaient encore bons, on passait même en phase trois du déconfinement. C’est seulement à partir du moment où le nombre de nouveaux cas quotidiens a commencé à augmenter de façon alarmante qu’il aurait été possible d’annoncer cette mesure… sauf qu’on était à moins de deux semaines de l’Aïd.

Il n’y avait pas le temps de convaincre, et il se serait simplement produit, avec beaucoup plus de monde et étalé sur une plus longue durée exactement ce qui s’est produit : un refus total d’observer les limitations demandées, puis imposées par le gouvernement.

Peut-être aurait-on pu gagner sur un tableau : organiser la venue des moutons dans les grandes villes, voire les subventionner, ce qui permettait aux éleveurs de sauver leur année et aux familles pauvres d’avoir quand même leur mouton. Malheureusement, le Maroc ne s’est pas encore doté d’un système efficace pour s’assurer que les aides n’arrivent que chez ceux qui en ont besoin.

La grande migration de l’Aïd a donc eu lieu en panique et sans aucun respect des fameuses mesures sanitaires. Les retours se font tant bien que mal – il est très difficile maintenant de sortir de Fès et Tanger – et vont s’étaler sur plusieurs jours. Ce grand brassage va se voir dans les chiffres de contaminations au moins jusqu’à la mi-août, sinon plus… 

Tout le monde connaît quelqu’un qui a / a eu la maladie

Depuis quelques jours, l’explosion des cas a rendu réelle l’épidémie. Pour la majorité des Marocains la Covid n’est plus “une maladie d’Européens”, “un complot pour réduire nos libertés”, etc. mais un virus qui a touché un membre de la famille, un ami proche, un patron ou un collègue…

Cela, conjugué à la mise en place d’une amende réaliste (300 dirhams) pour toute violation de l’état d’urgence sanitaire, lui-même prolongé au 10 septembre “au moins” a fini par rendre les gens conscients de ce qui se passe. La disparition extrêmement rapide – au moins dans les grandes villes – des marocains à branchies en est la preuve.

Dommage qu’il ait fallu en passer par là. De la fin du confinement à l’Aïd, le Maroc a été une “covid party” généralisée. Il en paye maintenant le prix.

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