El Jadida, la discrète et agréable

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El Jadida, donc, comme je vous le disais hier, est nettement plus discrète qu’Essaouira. Seuls ceux qui connaissent bien le Maroc en ont entendu parler, et encore… ce n’est pas une destination touristique prisée, d’ailleurs la requête “riad à El Jadida” a nettement moins de publicité affichée que sa grande soeur “riad Marrakech”.

Et pourtant, je l’aime beaucoup plus qu’Essaouira.

Comme Essaouira, celle que les portugais appelaient Mazagan fait partie des anciennes cités portugaises, ces villes côtières fortifiées que les Européens utilisaient comme bastions pour protéger leurs navires qui descendaient vers les côtes africaines, notamment pour le commerce des esclaves, ou qui descendaient attraper les alizés pour traverser l’Atlantique en direction des Mers Caraïbes.

Le clair obscur sous les voutes de la citerne portugaise

La citerne portugaise et son atmosphère si particulière

La rade d’El Jadida est orientée Nord Est, et elle est utilisée depuis l’Antiquité, par les Phéniciens tout d’abord.

Après la reconquête des places fortes portugaises, grâce à la victoire de la bataille des Trois Rois, El Jadida est minée par les occupants portugais, avant leur départ. Les destructions ne sont pas toutes réparées, loin de là, et El Jadida n’a pas le rôle commercial prépondérant d’Essaouira. La ville végète, jusqu’à sa reconstruction au XVIII° siècle, où, de Mazagan, elle devient “El Jadida” (la ville nouvelle).

Les commerçants européens affluent, la ville se développe, le mellah se concentre dans l’ancienne medina, au coeur des remparts. Au début du XX° siècle, on retrouve par hasard la citerne portugaise.
Durant le protectorat, de nombreux bâtiments sont construits, qui, en plus ou moins bon état, font encore le charme d’El Jadida.

La capitale des Doukkala

El Jadida est la capitale de la tribu des Doukkalis, et de la région des Doukkala, à laquelle ils ont donné leur nom.

Première région vraiment verte quand on remonte vers le nord, après les plaines semi désertiques et les collines phosphatées de Ben Guerir, et avant l’exubérance verte de la Chaouia, elle a au printemps des petits airs de campagne aquitaine. D’ailleurs la campagne s’invite souvent à la ville !

Moutons dans les rues d'El Jadida

Dans les rues d’El Jadida, des moutons. On est presque à la campagne !

Mais elle est surtout une région “à part”, avec une culture “à part”. Les Doukkalis ne sont “ni arabes ni berbères, ils sont Doukkalis“.
Paysans, éleveurs, ils sont surtout et avant tout des cavaliers. C’est dans la région des Doukkalas que se trouve la tribu des Sidi Kwassem, les fauconniers, les seuls marocains autorisés à chasser et élever des faucons.

Moussem de Moulay Abdellah Amghar, et la Fantasia marocaine

L’ensemble des tribus Doukkalas convergent de tout le Maroc, chaque année, pour le moussem de Moulay Abdellah Amghar, le saint fondateur d’une zaouia, et “patron” des tribus.

Départ de sorba lors de la fantasia

Les cavaliers s’alignent pour le départ de la charge.

Le moussem a lieu traditionnellement au début de l’été, et dure une semaine. Sept jours pendant lesquels les différentes sorbas (équipes) vont s’affronter dans des concours de fantasia, dont le nom marocain est tbourida(jeu de la poudre). Le spectacle est superbe.

Car, bien qu’il s’agisse d’un spectacle, ce n’est pas une manifestation touristique, mais une célébration essentielle pour les gens de la région. On peut aussi assister à de très belles fantasias, lors du salon du cheval, qui se tient aussi à El Jadida, en octobre.

Cavaliers sur des chevaux richement harnachés

Le raïs (chef) de la sorba mène la charge. Il se distingue généralement par un harnachement ou un habit de couleur différente.

Quoi faire d’autre à El Jadida ?

Profiter de la plage, bien sûr, plutôt un peu au sud, vers Sidi Bouzid (ou même Oualidia, à une heure de route). Des excursions dans l’intérieur des terres, pour regarder les Tazota, ou bien remonter le cours de l’Oum Er Bia,

A un peu plus d’une heure de Casablanca, El Jadida et la région sont une destination parfaite pour les marocains qui veulent passer un week-end au vert, ou même juste une journée.

La route de la côte permet déjà de profiter de très beaux paysages, avec un petit arrêt à Azemmour et ses murailles impressionnantes. Les plages encore sauvage sont nombreuses, et à partir d’avril, on peut commencer à se baigner (ou se baigner carrément si on a l’âme bretonne… après tout, sur cette photo, on voit bien des enfants d’El Jadida en train de jouer dans l’eau, et elle a été prise au mois de décembre).

Des enfants jouent sur la plage d'El jadida

En décembre, par beau temps, l’eau est “vivifiante” comme en Bretagne en été

(Ce billet est le troisième de la série back2blog)

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3 commentaires

  1. Avatar

    J’adore la dernière photo. Elle me rappelle mon autre “moi” qui m’habite toujours…
    Longtemps, cette douce ville était la destination de mes vacances estivales.

  2. Avatar
    Marie-Aude le

    Peut être que ton autre moi pourrait emmener ton moi me voir ?

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