Les cités portugaises, une histoire particulière au Maroc

Au XVe siècle, les navigateurs portugais jetèrent l’ancre sur les côtes atlantiques du Maroc, laissant une empreinte architecturale et culturelle encore visible aujourd’hui. Les cités portugaises – Mazagan (El Jadida), Ceuta, Ksar es-Seghir, Agadir, Safi et Mogador (Essaouira) – constituent un patrimoine singulier, témoin d’une époque où l’océan était voie de conquête et de commerce.

Des cités qui sont des forts en territoire ennemi

Ces établissements se caractérisent par leur architecture militaire redoutable : remparts épais, bastions angulaires, citerne voûtée et église manuéline. Mazagan, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, illustre parfaitement cette fusion entre forteresse européenne et adaptation au climat aride. Sa citerne, éclairée par une ouverture zénithale, demeure un chef-d’œuvre d’ingénierie hydraulique. Fermée depuis 2021, sa restauration a commencé en 2026.

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La transition marocaine

Au-delà de la pierre, ces cités racontent des siècles d’échanges et de coexistence. Les canons portugais ont fini par rouiller, mais les techniques de fortification, les toponymes et certains rituels ont imprégné le tissu urbain marocain. Miroir de la façon dont la culture marocaine a imprégné Al Andalous ! Après le retrait lusitanien au XVIe siècle, le sultanat saadien puis alaouite récupéra ces places, à l’exception de Ceuta devenue espagnole, les marocanisant tout en préservant leur structure originelle.

Aujourd’hui, flâner dans la médina d’Essaouira ou sous les voûtes d’El Jadida, c’est traverser une strate de l’histoire où l’Europe et l’Afrique du Nord se sont longtemps regardées dans le miroir salé de l’Atlantique. Ces cités ne sont plus des avant-postes de guerre, mais des carrefours de mémoire, invitant le visiteur à lire le Maroc autrement.

El Jadida a été détruite par les portugais lorsqu'ils ont perdu ce bastion sur la route des épices. Il reste de nombreux vestiges de leur passage, dont l'impressionnante "citerne" au coeur de la medina.