Marcel et l’excédent de bagages

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Ce Marcel là, je l’ai croisé par hasard, un après midi à Agadir, dans la file d’enregistrement pour Paris.

D’habitude, c’est plutôt au départ pour le Maroc qu’on voit des valises surchargées et trop nombreuses, avec tout ce qu’il n’est pas si facile de trouver sur place. (Et un jour de vous raconterai peut-être l’histoire de Yasmina, dont la fille avait besoin de trois poussettes).

Bref, Marcel était accompagné par un guide de ma connaissance, juste devant moi dans la queue, ce qui m’a permis de profiter de toute l’histoire.

Marcel avait, en plus de son sac à dos, une grosse valise – normal – et deux paquets de taille moyenne, emballés dans des sacs de farine cousus, la version locale du sac Tati, et tout aussi solide.

Pesage, valise 25 kilos, paquet numéro un, 7 kilos, paquet numéro deux 7 kilos, total 39 kilos, soit 19 de plus que la franchise, à environ 100 dirhams le kilo, ça double le prix du billet.

Marcel part en grande discussion avec son guide, qui arrive à le convaincre qu’il fallait laisser certaines choses, au lieu de payer “de toutes façons ça ne vaut pas ça”.

Marcel ouvre donc sa valise… et dévoile devant nos yeux ébahis (et énervés, moi j’attendais pendant ce temps)…2 kilos de tomates, autant de carottes, une bouteille de whiskey en verre aux trois quarts vides, une bouteille de Coca pleine, des pots de confiture, un grand pain marocain, une boite en plastique avec de la kefta grillée, des serviettes en papier…

L’hôtesse se pinçait les lèvres, et tout ça fut finalement abandonné sur le chariot que le guide de Marcel – appelons le Abdul – tenait négligemment.

Après on passa aux deux paquets… et Marcel en laissa un sur place, avec moultes promesses de la part d’Abdul de le garder précieusement pour lui pour la prochaine fois, etc…

En fait Marcel avait acheté deux petits chauffe-eau automatiques, parce qu’on ne les trouvait pas en France (étant donnée la marque des dits chauffe-eaux, Chaffoteau et Maury, j’ai comme un doute), et à 2.500 dirhams pièce, c’était une affaire.
Et comme il était un peu fauché, il avait trouvé dommage d’abandonner toutes les provisions qu’il avait faites et pas encore consommées.

Il a eu de la chance, Abdul était un type bien, et 4 mois plus tard il a retrouvé son chauffe-eau. Entretemps, la famille d’Abdul avait apprécié les confitures. Pour le whiskey, on n’en sait rien…

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A propos de l'auteur

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Marie-Aude Koiransky est arrivée au Maroc en 2004. Elle s'est installée à Ouarzazate, avec son mari qui travaillait alors dans le tourisme, puis à El Jadida, enfin Casablanca. Pendant 10 ans, elle a parcouru le Maroc dans tous les sens "géographiques et sociaux". Elle gère une agence web qui propose des services de référencement et de création de sites et une société qui aide les lecteurs d'O-Maroc (et d'autres personnes) à s'installer au Maroc ou à y développer un projet professionnel. Elle intervient souvent sur des forums de voyage, et a voulu faire ce site pour centraliser les conseils aux expatriés. Diplômée de Sciences Po Paris en 1985, a a travaillé pendant plus de vingt ans dans des grands groupes internationaux (Apple, Ernst&Young et Bertelsmann) avant de s'installer au Maroc.

2 commentaires

  1. Avatar

    SANS COMMENTAIRE , mais.. HHAHA !
    Marie t’avait un carnet ou quoi comment ta pue noté tou sa ?

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