Alors que le Maroc a initié sa grande réforme fiscale avec la loi de finances 2023, c’est au tour du secteur de l’assurance de connaître des bouleversements, en 2026, avec la modernisation du code des Assurances et des fusions entre grands groupes.
Une évolution réglementaire, d’abord, à horizon 2028
Depuis 2002, le Code des assurances marocain n’a pratiquement pas bougé. Vingt-quatre ans sans intégrer la signature électronique, sans reconnaître les contrats en ligne, sans même mentionner le cyber-risque alors que le pays subit des attaques informatiques de plus en plus sévères. Le marché a pourtant doublé, passant de 25 à plus de 60 milliards de dirhams de primes. Il était temps.
L’ACAPS vient de publier son programme « Émergence 2026-2028 », et le Livre IV du Code — celui qui régit le contrat d’assurance, la distribution et l’intermédiation — est en consultation publique. Voici ce qui changera vraiment pour nous, expatriés comme Marocains.
Le contrat 100 % digital enfin reconnu
L’Open Insurance : l’historique enfin portable
La cyber-assurance devient une branche à part entière
La délégation d’assurance emprunteur enfin opposable
Calendrier et réalité : 2028 ou plus tard ?
La fusion de deux grandes compagnies, dès maintenant
Comme le secteur bancaire, le secteur de l’assurance se partage entre tradition et modernité, assurance traditionnelle et assurance islamique, ou takaful ( تكافل ). Une compagnie d’assurance ne peut pas travailler sur les deux secteurs. Mais les compagnies qui pratiquent le takaful représentent moins de 1% du secteur.
Avant même les évolutions techniques et législatives, le marché de l’assurance au Maroc se restructure.
Mais qui sont ces assureurs ?
Un marché très concentré avec de gros assureurs
Les six premiers assureurs du marché détiennent près de 78% du marché total.
- Wafa Assurance, filiale d’Attijariwafa Bank domine largement avec près de 20 % du marché
- RMA, filiale de Bank of Africa et FinanceCom vient à la deuxième place avec près de 15 %
- Mutuelle Taamine Chaabi est troisième mais domine exclusivement la branche Vie (28 % de part de marché Vie).
- AtlantaSanad, en forte croissance grâce à sa branche Vie, détient près de 13% .
- Axa Assurance Maroc se maintient à la cinquième place avec 11,2 % de part de marché
- Enfin, Sanlam est le seul du top 5 à reculer (-1,4 %), à 9,6% de part de marché signe d’un repositionnement difficile.
Quand Sanlam Maroc et Allianz Maroc unissent leur force cela donne une grosse entreprise d’assurance qui détient 14 % de parts de marché. Effective au 2 juillet 2026 et rétroactive au 1° janvier 2026, cette fusion impacte fortement le paysage de l’assurance au Maroc.
Sanlam Maroc
Fondée en 1949 sous le nom de CNIA, la compagnie est passée par plusieurs évolutions (CNIA Saada, puis Saham Assurance en 2014) avant d’adopter le nom Sanlam Maroc en 2022, suite à la prise de contrôle majoritaire par le groupe sud-africain Sanlam. Côtée à la bourse de Casablanca, elle est principalement sur les secteurs Auto et Santé, mais elle innove aussi avec une assurance pour animaux.
Sa fusion avec Sanlam a été suivie d’une stagnation. En fusionnant maintenant avec Allianz, qui a affiché une progression de 12,3% en 2025, elle se donne les moyens d’élargir à nouveau ses parts de marché, remontant à la quatrième place avec 14% de parts de marché et devient le premier assureur de la branche non vie.
Allianz Maroc
Fondée en 1954, par les Assurances Générales de France, la société devient la filiale de l’allemand Allianz (3° assureur mondial) en 2009 quand ce dernier rachète le réseau AGF.
La société est spécialisée dans les assurances des entreprises et des grands risques, ce qui complète parfaitement le réseau de 750 agents d’assurance Sanlam.
Ce que cela change pour vous
A court terme
Honnêtement pas grand chose. Dans le cadre de la fusion Sanlam-Allianz, les contrats sont maintenus tels qu’ils existent.
Le seul risque de la fusion des réseaux, c’est – peut-être – des retards dans le traitement de certains dossiers, comme pour toute fusion.
L’avantage, c’est d’avoir accès à plus d’options et de services sans avoir à changer d’assureur.
A moyen terme
Beaucoup, si le calendrier de la réforme du Code de l’Assurance est suivi. Une véritable dématérialisation de l’assurance, l’encadrement de la possibilité de choisir une assurance différente de celle de la banque en cas d’emprunt… ce sont des modifications et des facilitations de la vie quotidienne importantes.
Pour les TPE/TPME la possibilité d’assurer les cyber-risques est aussi un gros plus.
Une coquille ou une erreur de syntaxe ? Vous pouvez sélectionner le texte et appuyer sur Ctrl+Enter pour nous envoyer un message. Nous vous en remercions ! Si ce billet vous a intéressé, vous pouvez peut-être aussi laisser un commentaire. Nous sommes ravis d'échanger avec vous !




