Fin d’année marocaine

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Les fêtes de fin d’années au Maroc sont bien caractéristiques de la double culture de ce pays, et des accommodements raisonnables, pour reprendre une expression québecoise…

Les musulmans n’ont que deux fêtes : l’Aid el Fitr qui marque la fin du jeûne du Ramadan, et l’Aïd el Kebir, ou, plus proprement, l’Aïd el Adha, qu’on appelle la fête du Mouton (comme si c’était sa fête, à la pauvre bête), ou la fête du sacrifice, puisqu’elle rappelle le sacrifice d’Abraham.

En dehors de cela, les jours fériés sont simplement … des jours fériés, ou des commémorations, mais pas des fêtes au sens religieux. Le Mouloud, qui est l’anniversaire du prophète, par exemple, n’est pas célébré par les musulmans rigoristes.

Le Maroc a hérité de sa période française une semaine de travail à l’européenne, avec un samedi et un dimanche non travaillé, et des jours fériés « occidentaux », comme le 1° janvier ou le 1° mai.

Mais le Maroc vit du tourisme, et propose donc des circuits réveillon dans le désert, des vacances de Noël au soleil. Donc, les destinations touristiques se sont mises au concept. On voit des sapins palmiers décorés de guirlandes de Noël et de pompons berbères, et dans notre futur riad, nous avons déjà investi dans les décorations.

Nöel au Maroc : des ballons vendus dans la rue

Un marocain vend des ballons en forme de Père Noël

Mais le Maroc a une grande population française, concentrée dans des villes comme Agadir, Marrakech, Casablanca, Tanger, et ces expatriés veulent fêter Noël dignement, si ils ne rentrent pas en Europe pour les fêtes. Alors les supermarchés et les boutiques se mettent à l’heure de Noël. Il est très drôle de voir la zone de promotion du Marjane Californie remplie de jouets, sapins en plastique et décorations, quand on se souvient comment elle était remplie de couteaux et brochettes pour l’Aïd… et quand on sait à quel point les grandes surfaces françaises tortillent du cul pour faire des promos « ramadan » en les appelant « semaine orientale ».

Mais… l’ambiance de Noël n’est pas là. Pour les marocains, le nouvel an ne veut rien dire, ils auraient plus tendance à fêter le nouvel an musulman, sans grand enthousiasme non plus. Il fait beau, les décorations dans la rue sont absentes (il y a bien des « décorations qui ressemblent à Noël » mais ce sont des décorations qui sont installées toute l’année (et là, oui, en plein mois de juillet, les guirlandes avec les étoiles, ça nous a surpris !).

Pour Stéphanie et moi, Noël et le Nouvel An, c’est le froid, la pluie, la neige quand on a de la chance, et le plaisir d’être emmitouflés, de regarder des vitrines débordantes de lumières, d’entrer le week-end dans des salons de thé et de savourer un chocolat chaud, avec des biscuits au gingembre ou à la canelle…

Cette année, plein de choses nous ont manqué, on n’aurait jamais cru par exemple que la foule dans les magasins et la corvée des cadeaux de dernière minute faisait partie de ce qu’on aime dans Noël ! L’ambiance, le fait que tout le monde pense à la même chose, l’abondance du vert et rouge (et encore, comme ce sont les couleurs du drapeau marocain, on en voit beaucoup), la musique dans les rues, les marchés de Noël… un de nos amis, qui est installé au Maroc depuis vingt ans part chaque année quelque part dans l’Atlas, vers Midelt ou Ifrane, juste pour avoir froid et marcher dans la neige !

(Le vendeur de Pères Noël est une photo sous licence CC BY NC ND de MarocStoun sur Flickr)

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A propos de l'auteur

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Bernard Rouget est consultant en management et en gestion de projets informatiques. Il s’est installé en 2010 au Maroc avec une double activité : le lancement d’un riad près de Zagora, avec sa femme (qui n’a pas fonctionné, il vous racontera pourquoi un jour), et une activité de conseil dans son domaine de compétence. Il est derrière le compte Twitter de O-Maroc

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