Rencontres et repas traditionnel

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Repas en famille au Maroc

Il est 14h. Le thermomètre titille les 25°C, nous partons pour déjeuner. C’est chez Mohamed que notre route s’arrête, surveillant général d’un lycée de Ouarzazate, il nous accueille au sein de sa famille pour un repas berbère. Une vingtaine de personnes s’affairent à la maison. La cuisine est en pleine ébullition.
Karima, 11 ans, enchaîne les allers et retours afin de servir le thé vert. On refuse mon aide car tout est déjà orchestré de manière à servir rapidement les invités. Le repas commence : assis sur des banquettes installées contre le mur, les hommes discutent tandis que le chef de la maison sert le thé. Les femmes restent à l’écart et partagent les dernières histoires du quartier. Les enfants rient. Un garçon fait part de son rêve de partir pour l’Europe, comme son oncle, considéré comme un véritable héros car il demeure désormais à Paris. Je perçois une certaine intimidation tant qu’à ma présence et à mon comportement divergeant du leur. Les sourires s’esquissent, les plus jeunes fuient le regard. Non pas par rejet, mais plus par timidité.

[Ndlr “Mezgarne” : et plus encore par respect. Dans toute l’Afrique, on ne regarde pas dans les yeux quelqu’un à qui on doit le respect, pour son âge, son savoir ou sa position. Une des multiples sources d’incompréhension culturelle en entreprise…]

Nous changeons de salle pour prendre le repas. Les femmes se réunissent ainsi dans un salon similaire. Salade marocaine puis tajine au poulet. Évidemment nous n’avons à disposition que nos mains et quelques morceaux de pains berbères. Chaque prise de nourriture suscite un silence, les femmes tentent de me prodiguer des conseils, en tamazight bien sûr. Autant dire que le repas s’avère folklorique car elles s’en donne à coeur joie pour me faire comprendre leurs pensées. Les femmes plus âgées, ornées de tatouages au Hennésur les extrémités de leurs corps sont habillées de façon traditionnelle avec une superposition d’étoffes de tissus.

Elles mangent silencieusement et se déplacent avec de grandes difficultés. On parle du port du voile, je crois comprendre qu’il est traditionnellement dans les moeurs et ancré autant au travail que dans la vie  quotidienne. Le mettre est également un geste de pudeur, car on se décoiffe uniquement le soir auprès de son mari. Les petites filles ne le portent pas toujours, et ensuite, il sera plus discret que pour les femmes, il demeure tout de même indispensable, même si à la base, son port reste un choix.

Vieille femme berbère de la vallée du Draa avec son châle noir brodé

Vieille femme berbère de la vallée du Draa avec son châle noir brodé

L’homme travaille, la femme reste à la maison. Le cliché mérite d’être démenti car les modes de vies évoluent. Désormais, certaine mari encourage leurs femmes à finir leurs études et ainsi à occuper plus tard un poste à pleins temps. Amina, 23 ans, en est de ceux là. Après avoir décroché sa licence d’Anglais à Agadir, son mari lui conseille de poursuivre une activité professionnelle, celle-ci est désormais secrétaire dans un cabinet.

C’est parti pour l’aventure

Afin que je me familiarise avec les prestations proposées aux clients, je pars en expédition pour découvrir le Maroc du Moyen et de l'Anti-Atlas. Nous retrouvons nos clients à Marrakech et profitons de notre venue pour prospecter les hôtels pachas pour une famille.  Dans le quartier de l’Hivernage, nous nous dirigeons vers un quatre étoiles, cet hôtel accueille énormément de touristes étrangers, seulement, il reste à savoir si ce dernier correspond aux attentes de nos clients. Car on visite toujours un hôtel avant de travailler avec lui, et ma tutrice m’apprend que les choses peuvent changer rapidement : on visite donc soi même au moins une fois par an, et on est très attentif aux remontées des clients.

La piscine est immense, la terrasse possède une vue à couper le souffle – l’Atlas semble suspendu dans le ciel, vous y croyez vous? – la restauration est variée et de qualité, les animations sont diverses. Nous passons donc dans un bureau afin de négocier les clauses du contrat. Franchement ?  Quel client réclamant un grand confort dans un hôtel international pourrait refuser ce genre de prestation?

Cependant, il me semble important d’insister sur les différentes façon de voyager à l’étranger. Certes les classes professionnelles et les revenus des touristes sont influent dans le choix du type de voyage, mais cela ne fait pas tout. En effet, certains touristes préfèrent un confort universel et font appel à de grandes firmes telles qu’Accor, alors que d’autres cherchent à découvrir le côté rustique et authentique cher au pays visité. Personnellement je  fais partie de la deuxième catégorie, car je suis ici pour découvrir le Maroc… de près.
Plus tard, je fais connaissance avec Laurent, un ami de Marie Aude. Cet homme détient une agence immobilière dont la clientèle étrangère cherche un pied à terre à Casablanca pour des fins professionnelles.

Il souhaite découvrir le sud du pays, complètement différent du Maroc qu’il connaît. En effet, il existe de grandes disparités entre ces deux zones. Rappelons surtout que Casablanca est conçu sur le même modèle qu’une grande métropole européenne.
Le voyage s’annonce donc dépaysant….

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A propos de l'auteur

Lucie R.

En études de commerce international, Lucie est venue pour faire un stage de trois mois chez nous. Elle nous a aidée pour la boutique en ligne et pour développer le marketing de l'agence de voyage vers de nouveaux marchés.

2 commentaires

  1. Avatar

    J’espère bien venir cette année dans ce beau pays que j’ai souvent traversé petite avec mes parents..je voudrais un contact avec un cultivateur de safran..je serai interressée par la culture du safran..à bientôt!

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