Développer des services au seniors

26 Août 2015 par Marie-Aude

Développer des services au seniors

La culture marocaine valorise énormément les parents, les grands-parents. Pour de très nombreux marocains, mettre ses parents âgés dans une maison de retraite, ce serait la Hachouma, la honte suprême.

Ne dit-on pas à quelqu’un pour le remercier « Que Dieu bénisse tes parents ? » (sous-entendu : de t’avoir fait naître).

Que l’on soit riche ou pauvre, on vieillit à la maison.

Comme tout le reste au Maroc, cela commence à changer.

Un besoin croissant de services dédiés aux seniors

L’urbanisation, l’émigration font que les parents âgés ne sont plus toujours proches de leurs enfants. Le mode de vie urbain rend la cohabitation de plusieurs générations sous un même toit plus difficile.

Enfin, comme partout, l’allongement de la durée de vie laisse une place croissante à des maladies spécifiques de la vieillesse, comme Alzheimer.

Beaucoup des européens vivant au Maroc sont des retraités, décidés à finir leurs jours dans ce pays. Ils arrivent généralement au début de leur retraite, mais dix à quinze ans plus tard, se posent des questions difficiles : rentrer en France, trouver une solution pour bien vivre sa vieillesse sur place ?

Retraité en train de lire sur une plage

Les débuts de la retraite : plage et soleil

Sans en faire une généralité, j’ai connu deux couples de retraités qui se sont sentis obligés de rentrer en France au bout d’une quinzaine d’années au Maroc. Le choc a été extrêmement difficile, au stress important du déménagement s’est ajouté celui d’une baisse très nette du niveau de vie. Classiquement, l’amélioration en arrivant au Maroc est beaucoup plus facile à vivre que le mouvement inverse !

Or, les « solutions » de qualité restent peu nombreuses.

Il y a donc de nombreuses opportunités pour développer une activité. Là encore, il faut l’adapter aux contraintes et aux habitudes des marocains.

Le développement des maisons de retraite et des résidences médicalisées

Il y a aujourd’hui peu de maisons de retraite au Maroc.

Certaines sont réservées aux français, bénéficiant de la CFE ou d’une protection sociale française ; d’autres sont destinées aux marocains, et offrent généralement des services minimaux. Enfin, il existe toute une série de projets de « villages », plus ou moins avancés.

Jardin de la maison de retraite souissie

La maison de retraite souissie est réservée aux français

Après les annonces de Life Valley qui voulait ouvrir une résidence de ce type à Marrakech, ou d’Aman Life Group, qui avait l’idée étrange de bâtir un village de ce type dans le grand sud (sans doute pour bénéficier des exonérations fiscales accordées aux entreprises qui s’installent au Sahara Occidental), c’est un groupe Qatari, Tasweek, qui a voulu ouvrir à Marrakech un Healthcare City, mêlant tourisme médical et résidence pour seniors. Il existe aussi des résidences plus simples, comme Maremed.

Investir dans une résidence médicalisée

Il y a donc encore beaucoup de place pour des projets de qualité, surtout ceux qui s’adressent à une clientèle « moyenne gamme », de plus en plus nombreuse.

En s’implantant ailleurs qu’à Marrakech, d’ailleurs, qui n’est vraiment pas le climat idéal pour passer sa retraite, en tout cas l’été.

La clientèle potentielle est européenne, d’abord, mais va largement au-delà des français. Les anglais comme les allemands, par exemple, apprécient aussi le Maroc et son soleil. Si vous parlez bien la langue, vous avez là très peu de concurrence !

Y travailler

La principale difficulté sera de faire reconnaître son diplôme, dans le cas d’une profession médicale réglementée (on vous prépare un dossier à ce sujet), mais cet écueil passé, les possibilités de travailler comme médecin associé, kiné, ou même infirmier, sont nombreuses.

Cela peut même être une bonne solution pour assurer un revenu complémentaire à une activité libérale…

Trois chibanis sur un banc, à Marrakech

Les retraités marocains : un monde qui évolue

Les services aux seniors : autres possibilités

Maintenir le lien avec la famille émigrée

Comme le montre cette discussion sur un forum, la distance entre les seniors et la famille émigrée peut être source de véritables problèmes, d’anxiété aussi.

Pour y remédier, on peut imaginer un service qui s’occuperait de gérer « à distance », pour le compte d’une famille, d’envoyer – avec l’accord de la personne – des informations régulières sur la santé, une visite régulière dans la maison pour vérifier que tout est en ordre, ou mieux, puisque les seniors ne sont pas toujours très « geek », un rendez-vous régulier sur Skype avec un ordinateur portable, permettant à la famille à l’étranger de « voir » mieux la personne âgée… le cyber café mobile, en quelque sorte.

Organiser l’aide au quotidien

Les services de soins à domicile sont rares au Maroc. Là aussi, il y a – dans le respect de la réglementation des professions de santé – des places à prendre.

On peut y adjoindre des services d’aide réguliers (courses, ménage, lessive…), bref tout ce qui se fait très régulièrement en Europe et qui n’existe pas encore, ou si peu, de façon organisée.  Si ces petits boulots existent déjà de façon informelle, cela peut être rassurant pour des seniors de s’adresser à une personne unique, qui parle leur langue maternelle et qui fera l’interface aussi pour l’administration, la réparation de PC….

 

Plus d'informations

Un commentaire
  1. Marie

    Bonjour
    Avez vous plus d’informations sur les professions médicales, donc réglementées?
    Je suis kinésithérapeute. Mon diplôme est homologué mais la suite administrative pour obtenir l’autorisation d’exercice est épique.
    Je serais ravie d’échanger avec vous sur ce sujet, mes informations datant de la semaine dernière.
    Cordialement

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