Musulmanes et femmes de pouvoir, elles sont nombreuses dans l'histoire marocaine

Beaucoup de gens ont du mal à imaginer une femme musulmane ayant un réel pouvoir. Elle serait reléguée, au mieux, au rôle de maîtresse du harem, exerçant une influence par l’intermédiaire d’un mari qu’elle manipulerait.

Rien n’est plus éloigné de la réalité. Que ce soit dans l’histoire moderne ou dès les premiers temps de l’Islam, de nombreuses femmes ont prouvé qu’un voile n’empêchait pas d’exercer le pouvoir, d’être savante ou même source de droit religieux (ce qui ne fut jamais le cas dans la Chrétienté).

Guerrières, femmes politiques et « badass »

Que ce soit Aïcha, l’épouse du Prophète, participant à la bataille du Chameau, Oumm Hani participant à la bataille de Khaybar, la Kahina luttant contre les envahisseurs musulmans, Sayyida Al Hurra régente de Tétouan pendant 30 ans, à la tête d’une flotte corsaire qui fit la richesse de la ville, les anonymes guerrières Aït Atta ou Bâamrane qui se sont battues comme des hommes, ou, plus près de nous, les Begums de Bhopal ou même Benazir Bhutto, partout dans le monde, les musulmanes ont prouvé leur valeur. 

Savantes, femmes de sciences et religieuses

D’autres femmes ont exercé leur pouvoir dans d’autres domaines. Aïcha, encore elle, a été source de hadiths, donc d’éléments utilisés dans la jurisprudence islamique, le « fquih », tout ce corpus autour du Coran qui l’explique et le détaille. D’autres épouses du Prophète ont aussi transmis des hadiths essentiels (Oumm Salama par exemple). Je ne pense pas qu’une seule des saintes chrétiennes ait eu le même impact.

Ghazala, Oumm Waraka sont des savantes qui ont ouvert la voie à l’imamat féminin, alors qu’il a fallu attendre le XX° siècle pour que les églises protestantes acceptent des femmes pasteur… L’imam ne fait pas que guider la prière, il conseille, dit le droit.

L’université Al Quaraouiyine à Fès a été fondée en 859 par une femme, Fatima al-Fihriya, fille d’un riche marchand qui utilisa sa richesse pour construire la première université du monde. Au XIX° siècle au Nigéria, Nana Asma’u était une poétesse qui écrivait en plusieurs langues et poussait à l’éducation des filles.

Femmes oubliées

Pourtant, au cours des siècles, ces femmes ont été peu à peu oubliées. On visite leurs marabouts, sans qu’elles soient un exemple pour les femmes modernes. Ici, nous avons eu envie de les tirer de l’ombre.

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Sayyida Al-Hurra fut une des femmes de pouvoir les plus "badass" du Maroc, elle fit trembler l'Espagne et le Portugal avec sa flotte corsaire et s'opposa frontalement à Isabelle la Catholique, ne pardonnant pas l'expulsion des Musulmans d'Espagne. Son rôle politique très important comme sa spiritualité soufie affirmée remettent en cause les clichés sur les femmes musulmanes.