Communication multi-culturelle, le marocain tel qu’il se signifie

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Une des choses sur lesquelles j’insiste beaucoup dans mes formations multi-culturelles en entreprise (oui je fais ça aussi de temps en temps), c’est sur la façon différente de dire les choses, et notamment de critiquer ou de faire des compliments, de part et d’autre de la Méditerranée et de l’Atlantique.

Car si beaucoup ont en tête la négociation, et les heures parfois passées à discuter un prix, la réalité de nos incompréhensions mutuelles est beaucoup plus large, et pour celui qui veut travailler ou faire des affaires ici, il faut le comprendre. Peu à peu, avec l’expérience, j’ai commencé à identifier des sources de malentendus.

Au Maroc, on ne dit jamais non

Comme dans tout le Maghreb, et je pense la plus grande partie du monde musulman, on ne dit pas non. On dit juste un petit peu moins oui. Après, l’occidental habitué à un non franc et ferme, croira qu’il a été trahi ou que “ces gens là ne sont pas fiables” . En fait, les projets sont nombreux, on parle parfois juste pour se connaître, on fait des propositions aussi pour tester votre motivation.

Si votre interlocuteur, quand vous lui demandez comment il va faire telle ou telle chose vous met du « Inch’Allah » à chaque détour de phrase, il y a deux possibilités : il est très pieux, ou il pense « mais il faudra vraiment qu’Il le veuille, parce que moi je ne vais rien faire« .

On ne dit pas non, donc, et de la même façon, on ne critique pas. On trouvera toujours un compliment à faire, même sur la plus insignifiante des choses. Un des mots habituels est « magnifique », et je me souviens d’une jeune fille m’expliquant que Ouarzazate était magnifique. Un peu surprise – ceux qui connaissent la ville comprendront – je finis par lui faire dire ce qu’elle y trouvait de si magnifique « c’est très propre ».

Les compliments se font de façon fleurie, même en français l’influence de l’arabe est manifeste, mais ces hyperboles doivent être prises juste pour ce qu’elles sont : un simple code de courtoisie.

Une bonne façon d’ailleurs de faire passer une critique est d’appuyer le compliment au delà du raisonnable.

Je me souviens d’un rendez-vous avec un partenaire, que son collaborateur avait essayé de doubler, et le partenaire était au courant. Il passa tout l’entretien à faire des compliments à – appelons-le Youssef,

Youssef est avec nous depuis si longtemps, il sait tout, il est parfait, nous lui faisons une totale confiance, n’est-ce pas qu’on te fait confiance Youssef, ah oui vous pouvez lui faire confiance, Youssef si tu veux tu peux traiter le dossier tout seul…

bref je n’y comprenais pas grand-chose, moi j’aurais pris le Youssef entre quatre yeux pour lui passer un savon, mais non, il avait compris, c’était plus efficace comme ça.

La gestion du temps n’est pas la même

Truisme. Mais cela veut simplement dire qu’il n’est pas la peine de prévoir son emploi du temps longtemps à l’avance.

Vous cherchez à voir quelqu’un ? L’informer quelques jours avant suffira, s’il souhaite vraiment vous voir il changera son emploi du temps et déplacera un autre rendez-vous prévu plus longtemps avant. Ce jeu de taquin est un peu exaspérant au début, et puis on s’y fait.

A l’inverse, vous y gagnez plus de liberté pour vous organiser. L’imprévu est une chose normale, socialement admise. Chercher à le maitriser à tout prix est incompréhensible.

Dans le même ordre d’idée, si vous avez prévu quelque chose, commandé un service, un produit, il faut toujours rappeler quelques jours avant. C’est pour votre fournisseur un bon indice de votre motivation, de votre souhait de voir livrer la chose en temps et en heure.

Si vous êtes fournisseur, si on ne vous rappelle pas… demandez vous si le « oui » était un vrai « oui », demandez vous si la personne va vous payer. Plus qu’ailleurs, il est normal de vérifier que rien n’a changé entre la prise de commande et l’exécution du contrat.

Les codes comportementaux sont différents

Un occidental aura tendance à vouloir regarder son interlocuteur dans les yeux. Patatras… c’est un manque de respect. Ici, on baisse les yeux devant celui qu’on respecte, y compris son patron, surtout quand il a un reproche à vous faire.

Celui qui, habitué au feed-back, cherchera les yeux de son collaborateur, et en cas de réprimande, attendra quelque chose comme « Oui il y a eu une erreur, et voici ce que je compte faire pour qu’elle ne se reproduise pas » en sera pour ses frais.

Au mieux, il sera frustré, aura l’impression de ne pas être considéré, d’avoir sifflé dans une carafe, au pire il insistera, cherchera à avoir le retour attendu, et braquera complètement son interlocuteur en « y allant trop fort ».

La poignée de main n’est pas la même, surtout chez les femmes qui se contentent, quand elles en font une, de laisser trainer une paume inerte… et qui doivent bien souffrir de notre capacité à écraser les doigts dans notre soif de « poignée de main énergique ».

Bien sûr, les rapports hommes-femmes ne sont pas tout à fait les mêmes ni les rapports entre gens du même sexe, ou, par compensation, une intimité physique beaucoup plus grande est habituelle, ce qui chez nous serait très équivoque est banal entre amis marocains. Mais cela joue moins dans le monde des affaires. Dans le cercle privé, en tout cas dans « mon » Sud, les gens se saluent encore beaucoup en s’embrassant plusieurs fois la main, à tour de rôle, et en finissant en se touchant le coeur.

Respect et sa petite sœur solennité

Le respect est sans doute une des composantes fondamentales de la culture marocaine, parfois pour certains jusqu’à l’étouffement. Respect des aînés, respect des parents, respect de ceux qui savent, respect de l’hôte…

Parce qu’on respecte quelqu’un on ne fera pas quelque chose devant lui, par exemple fumer. Par exemple, mon mari ne fume pas devant son frère aîné, qui est pourtant lui même fumeur. Il n’y a pas d’hypocrisie, mais un respect qui l’empêche de faire cela en sa présence – et vice-versa d’ailleurs, ce qui donne un planning complexe de l’occupation de la terrasse, chacun faisant bien attention à ne pas y monter quand l’autre s’y trouve.

Ce respect se manifestera à tous les moments, et notamment si vous avez une mauvaise idée, votre interlocuteur marocain ne vous expliquera pas votre erreur. D’abord parce qu’on ne dit jamais non, mais aussi parce qu’il vous respecte suffisamment pour penser que vous avez finalement peut être raison (ou alors, mais là on est dans un autre cadre, il se bidonne à l’idée de ce qui va arriver… Comment les occidentaux amusent les marocains, ce sera un autre post).

Il se manifeste aussi dans la façon d’écrire et de communiquer, avec sérieux, avec solennité. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter un peu 2M, et les interviews de marocains, aux actualités, ou dans des émissions comme Medina ou Toubkal. Là encore, l’influence de l’expression arabe, des remerciements profonds, et d’un affectif qui peut nous sembler exagéré alors qu’il n’est qu’un style différent du notre. A l’inverse, des décalques de l’arabe en français peuvent sembler des ordres brutaux. L’arabe ne connaît pas le conditionnel, l’expression de la politesse se fait autrement…

Connaître au moins un peu l’islam, et comment il influence la vie de tous les jours

Beaucoup de ces différences de comportement viennent directement de l’Islam, et il est nécessaire de le comprendre au moins un peu pour ne pas se sentir perdu au Maroc. Car il influence la vie de tous les jours de tous, même de ceux qui ne se considèrent plus comme croyants, et cela dans les petites choses, dans les superstitions, dans la culture, dans l’inconscient.

Un des exemples les plus frappants, pour moi, est « l’intention ». En Islam, ce qui compte le plus, c’est votre intention, une mauvaise intention ruinera prière ou pèlerinage, une bonne intention vous sauvera. Nous sommes beaucoup plus marqués par la règle « on juge l’arbre à ses fruits », et son corollaire « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».

En pratique, cela veut dire que si quelqu’un fait une faute, avec l’intention de bien faire, il est moins coupable que s’il n’a simplement pas fait attention… ou au contraire eu l’intention de vous nuire. C’est une chose dont vous devez tenir compte dans votre façon de donner des feed-backs, mais qui vous servira aussi, car les marocains ont souvent beaucoup d’indulgence vis-à-vis de nos gaffes culturelles, et savent bien que nous n’avons pas l’intention d’être méchants.

En sens inverse, “vous” marocains, si vous travaillez avec des occidentaux

Sachez que nous sommes certes pressés et impatients, mais que c’est ainsi que nous organisons notre travail, et que finalement nous produisons beaucoup comme ça et que c’est notre façon à nous de produire beaucoup.

Que se faire remarquer – en bien – est chez nous une qualité, que nous aimons les gens qui prennent des initiatives, mais les bonnes, que nous n’aimons pas expliquer en détail à quelqu’un ce qu’il a à faire, et que quand nous disons une chose une seule fois, pour nous cela suffit, il ne devrait pas avoir besoin de la répéter.

Et surtout que nous nous comportons de façon beaucoup plus directe et abrupte que vous. Que nos critiques sont destinées à permettre de s’améliorer, pas à humilier, ni à faire preuve de racisme. Qu’on peut critiquer un comportement, un manque de savoir-faire ou une action sans rejeter la personne.

De l’Allemand qui ne fait jamais un compliment, parce que c’est normal que les choses se passent bien, à l’Américain dithyrambique à la fois dans la critique et dans l’approbation, l’éventail est large, mais nous serons toujours plus directs que vous. (A l’exception je crois des Hollandais, qui ne savent pas dire non non plus, mais n’en pensent pas moins et ne donnent pas de seconde chance).

Nous ne croyons pas à la perfection, mais dire ce qui ne va pas est une façon de rendre service, pas une insulte, ou du mépris.

Nous avons nos tabous et nos poncifs comme vous, mais pas les mêmes. Nous sommes, tout comme vous, persuadés de l’excellence de notre mode de vie, et un peu-beaucoup chauvin. Et si nous aimons le Maroc, nous aimons aussi notre mode de vie. Aucun des deux n’est meilleur que l’autre….

(Cet article a été publié pour la première fois sur le site de Casawaves, aujourd’hui disparu)

1 mise à jour le 02/03/2020 :

Il n’y a pas qu’au Maroc qu’on ne dit jamais non

En échangeant avec quelqu’un qui connaît vraiment bien la Chine et qui vient de s’installer au Maroc, nous nous sommes rendus compte qu’un certain nombre de choses étaient tout aussi applicables en Chine, en particulier le fait de ne jamais dire non.

Pour le reste, je ne renie pas une seule ligne aujourd’hui. Entretemps, en plus de douze ans, j’ai vu énormément de problèmes au travail liés à ces subtiles différences.

Quand on traîne à Bourgogne ou Anfa, on n’a pas l’impression d’être dans une ville arabe. Cachée derrière les costumes-cravates et les jeans de marque, la culture marocaine est là.

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A propos de l'auteur

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Marie-Aude Koiransky est arrivée au Maroc en 2004. Elle s'est installée à Ouarzazate, avec son mari qui travaillait alors dans le tourisme, puis à El Jadida, enfin Casablanca. Pendant 10 ans, elle a parcouru le Maroc dans tous les sens "géographiques et sociaux". Elle gère une agence web qui propose des services de référencement et de création de sites et une société qui aide les lecteurs d'O-Maroc (et d'autres personnes) à s'installer au Maroc ou à y développer un projet professionnel. Elle intervient souvent sur des forums de voyage, et a voulu faire ce site pour centraliser les conseils aux expatriés. Diplômée de Sciences Po Paris en 1985, a a travaillé pendant plus de vingt ans dans des grands groupes internationaux (Apple, Ernst&Young et Bertelsmann) avant de s'installer au Maroc.

20 commentaires

  1. Avatar
    Abdel Saïd le

    @Marie-Aude Koiransky
    Je trouve un peu de generalisation dans ta redaction. Quand tu parles des occidentaux, « Sachez que nous sommes certes pressés et impatients, mais que c’est ainsi que nous organisons notre travail, et que finalement nous produisons beaucoup comme ça. » est absurde.

    Je m’excuse mais j’ai travaillais avec des canadiens (origine anglaise et francais « quebecois »), juifs, chinoix, et parisiens malgre mon jeune age ET le travail n’est pas le meme. Et je trouve que:

    1. les parisiens sont les paresseux que j’ai jamais vu.
    2. le juifs sont des gens qui savent parler mais le travail n’est pas une bonne qualite.
    3. les chinoix sont des gens qui travaillent dure (pas necessairement intelligents) et ils respectent le maitre comme chez nous les berberes.
    4. les canadiens d’origine anglaise sont le genre qui aiment etre recompenses sur quelque chose qui sont supposes de faire. Comme: « Je prend soins de mes enfants » ;)

    PS: Je parle des gens avec qui j’ai travaille et pas tout le monde :)

    Bref, dans chaque culture, il y en a des paresseux, des stupides, des intelligents, des faignants, des gentils, des malades, … et je dois ajouter, le succes de certains pays n’est pas a cause de certaine race mais plutot a cause de plusieurs facteurs: migration, guerre, colinisation, …

    D’ailleur les canadiens et americains, c’est pas des gens qui vienent de partout dans le monde qui contribuent au succes de ces pays? a Toronto, on parle plus de 120 langues/dialectes.

    T’as deja entendu des marocains qui travaillent a la NASA et a la station spatiale canadienne?

    Chez nous les berberes, les gens nous font encore la confiance. Si vous allez a Casa et vous mentionnez a quelqu’un que vous etes Chleh (Berbere), il vous fera confiance. Un proprietaire du magasin a empreinte a ma soeur 1000dh juste parce qu’elle a oublie sa porte monnaie a la maison. Le gars ne la connais pas du tout mais le fait qu’elle soit berbere. Mais la je generalise parce que j’en connais des mauvais berberes et j’en connais des gens formidables.

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    Marie-Aude le

    @Abdel Said,

    c’est évident que raccourcir en quelques lignes ce que je fais habituellement en 3 à 8 jours de formation est caricatural.
    Et que je n’ai pas abordé tous les points non plus. La confiance, par exemple, entre berbères, entre arabes, entre arabes et berbères, c’est prévu pour un autre post…

    Mais tu remarqueras une chose : je ne pense pas avoir dit une seule fois « les marocains sont ceci ou cela », mais « les marocains (sous entendu au Maroc, je pense que c’est clair vu le contexte de ce blog) » se comportent comme ceci ou comme cela ». Je l’ai dit un peu pour les Européens, mais pas non plus me semble-t-il d’une façon négative ?

    Alors pourquoi est-ce que c’est toi qui mets dans ce post un facteur de race, que je n’y ai pas mis ? J’ai parlé de culture…. de façon de faire, de se comporter. Ni de race, ni de paresse, c’est toi qui le mentionne, tu n’en trouveras pas trace dans ce que j’ai écris.

    Tu as sans doute cru le comprendre dans la fin de mon post, peut-être n’ai je pas été claire, je vais donc ré-écrire « c’est ainsi que nous organisons notre travail, et que finalement nous produisons beaucoup comme ça. Et si nous fonctionnons à la façon marocaine, nous produisons moins… »
    « Nous »

    Autrement dit, chacun sa culture et sa façon de faire, et la meilleure façon de coexister sans malentendu est de comprendre l’autre.

    Pourquoi parles-tu des juifs ? C’est quoi un juif ? Un israélien, ou un juif français, un juif marocain, un juif allemand ?

    Quelqu’un qui est Canadien et qui a du succès dans ce pays, c’est quelqu’un qui s’adapte à la culture canadienne. Elle est particulièrement ouverte et tolérante, mais dans le boulot il y a un mode de fonctionnement canadien, pour moi je le résume « le pragmatisme américain sans le stress ». Si je fonctionne à la française au Canada, je me plante. Et vice-versa… Encore une fois on ne parle pas de ce que les gens « sont », on ne leur mets par des étiquettes en fonction de leur origine, mais on regarde quelle est leur culture de référence. Si tu vis 20 ans en France, tu fonctionneras comme les français, au moins en partie. Ta culture marocaine, ton mode de fonctionnement se sera modifié.

    J’ai travaillé avec des anglais, des américains, des canadiens, des allemands, des autrichiens, des suisses, des belges, des suédois, chez eux et en dehors de chez eux :) je parle de ce que je connais d’expérience, mais je ne vais pas détailler tout ça ici non plus. Si tu veux avoir des analyses plus détaillées, cherche du côté de la PNL, de l’école de Palo Alto, par exemple…

    En revanche, si dans mes généralisations sur la façon de fonctionner au Maroc, j’ai dit des choses fausses, ça m’intéresse

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    Billet fort interessant et plein d’enseignements.
    Il faudrait cependant ne pas oublier les nuances fortes qui existent notamment en dehors des grandes villes. (plus de 50% en zone rurale auxquels sont plus exposés les acteurs du tourisme).

    L’exemple cité est une nuance de taille qui est spécifique au Sud-(Est):
    « Dans le cercle privé, en tout cas dans “mon” Sud, les gens se saluent encore beaucoup en s’embrassant plusieurs fois la main, à tour de rôle, et en finissant en se touchant le coeur. ».

    « Si tu vis 20 ans en France, tu fonctionneras comme les français, »
    Et si tu vis 20 ans au Maroc, fonctionneras tu comme un marocain ?.

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    Marie-Aude le

    @nasser

    Merci :)

    « Et si tu vis 20 ans au Maroc, fonctionneras tu comme un marocain ?. »

    Bonne question :)
    Je pense que si tu vis au Maroc avec des marocains, et pas isolé dans une sphère d’expats, oui, c’est inévitable. Tu garderas toujours bien sûr un bout de ta culture propre, mais ton comportenent sera harmonisé avec le pays dans lequel tu vis.
    En fait c’est très insidieux, et ça va assez vite.
    Je vis depuis 6 ans maintenant en dehors de France, et pour beaucoup de choses je fonctionne déjà plus à l’allemande qu’à la française, alors que j’ai toujours considéré ce pays comme un passage, et où je n’ai pas cherché à m’intégrer.
    Et de même, j’ai constaté qu’en 3 ans, mon regard sur beaucoup de choses a changé, et s’est marocanisé.

    D’accord aussi avec toi que le Maroc a beaucoup de nuances. Les aspects régionaux et tribaux me semblent beaucoup plus forts et importants qu’en France ou en Allemagne, par exemple. Et j’entends très souvent au quotidien faire référence à l’origine d’une personne, berbère ou pas, marrakchi, fassi, etc…
    A part une rapide incursion, ma connaissance du Maroc est encore bien fragmentaire, et ne vas pas plus au nord que Casa/Rabat. (A l’exception de la colonie riffaine installée chez moi en Allemagne ;) ) mais j’ai bien compris que c’était un aspect très important.

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    Abdel Saïd le

    @Marie

    Je penses que ton article cible plusieurs points et critiquer ces points en meme temps est vaste. D’habord ce que t’as dit « et que c’est notre façon à nous de produire beaucoup. ». Il y a deux chose que je ne comprend pas:

    1. Le « Nous »
    2. Produire quoi?

    Je vais critiquer chaque phrase de ta redaction

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    Marie-Aude le

    @Abdel Said

    Il y a deux sens à critiquer. L’un est de simplement analyser les choses, et de voir comment elles se passent, l’autre est de dire que quelque chose est négatif. Je ne pense pas avoir « critiqué » qui que ce soit dans le sens « dire que telle ou telle façon de faire est différente ».

    En fait, j’ai l’impression que notre discussion est un bon exemple de ce malentendu habituel, entre « dire » ou « ne pas dire ».

    Le « nous » ? Ben c’est simple « vous marocains si vous travaillez avec nous occidentaux ».
    « Produire » c’est en général, de la richesse, du travail, de la paperasserie. Ce qu’on est censé faire dans une entreprise

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    moi je suis d accord avec toi et je comprends pas pourquoi certains d origine berbere en sont a signaler leur berberité comme faire-valoir, c est de la pure et simple arogance envers nous arabe.

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    Abdel Saïd le

    @averroe
    Rien a dire. J’ai meme pas mentionne arabe.

    @Marie-Aude Koiransky
    Donc moi qui a passe toute ma vie en amerique, je suis toujours dans le camp marocain donc le camp qui produit moins. Je n’aime pas ce « nous » sans le definir. Moi je mentionne bien les berberes donc je dis pas nous. « Nous » occidentaux ne definit pas le groupe dont tu parle et ca cree de l’exclusion. Si t’as des enfants qui sont nees au Maroc alors feront ils parti de « nous » occidentale ou marocain? selon ton raisonnement, ils seront occidentals.

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    Marie-Aude le

    @Abdel
    Je pense qu’on est en train de jouer sur des mots, ici, et que tu veux voir dans ce post quelque chose qui ne s’y trouve pas, et que je n’ai pas écris.
    Il n’y a pas de « camp » il n’y a que des façons de fonctionner, et si tu passes toute ta vie en Amérique du Nord, tu dois bien t’être mis à la façon de fonctionner là-bas. Même si tu ne t’en rends pas compte.
    Ce « nous » dans le contexte de ce post, qui était les malentendus entre marocains et occidentaux au Maroc était parfaitement défini, et toi, en tant que marocain vivant à l’extérieur du Maroc cela ne te concerne pas :)
    Et tu n’as pas non plus compris mon raisonnement, tu n’as pas lu ce que j’ai répondu à Nasser. La question n’est pas de savoir où mes enfants naitront, mais de savoir où ils seront éduqués, et où ils travailleront. C’est cela qui forme une culture, pas le lieu de naissance, et dieu merci on peut en changer. Si mes enfants sont éduqués au Maroc, ils fonctionneront plus comme des marocains que comme des occidentaux. Et j’essaierai, quel que soit l’endroit où ils naissent et vivent, de leur donner une éducation qui leur permette d’être à l’aise dans les deux mondes. Ce qui passe d’abord par ne pas les voir comme des « camps » opposés.

    Tu réagis avec ce que j’ai écris exactement comme averroe a réagi avec ton commentaire : tu le charges avec une signification qu’il n’a pas et qui vient de ce que d’autres personnes peuvent dire.

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    C’est le complexe de supériorité ! j’ai rencontré des « experts » occidentaux incompétents et qui croient qu’ils ont des leçons à nous donner uniquement parce que nous sommes du sud !!!

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    Pour être un peu plus juste Mohamed , sortons toute la panoplie …
    ne sous-estimes pas le complexe de supériorité purement marocain où stéréotypes, ignorance, stupidité, xénophobie et un chouia de racisme se combinent. Nous marocains nous nous permettons de donner beaucoup trop de leçons juste parce que nous sommes un peu plus au nord ou à l’ouest aussi. Sans oublier un complexe d’infériorité, où juste parce que quelqu’un ou quelque chose vient du « nord » elle doit forcément être meilleure…

  12. Avatar
    Abdel Saïd le

    @Marie

    Il y a un point que j’ai oublie de mentionner, c’est que la plupart des marocains ont une autre dimension du respet. On peut vous acceuillir chez eux, saluer, embrasser la main, bikhir labass, enforme, … et plutard dans la journee, on vous donne pas la priorite dans une intersection et c’est pas fait expret pour vous emmerder mais parce que l’on sait pas que c’est du respet aussi de donner la priorite dans la route

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    et les Australiens alors ? … ouf, heureusement qu’il y a encore la Nouvelle-Zélande …

  14. Avatar

    abdel said t es trop confus mon vieux, arretes de croire que les berberes sont superieurs et je voulais juste te dire que moi meme je loue a casa, a ain sebaa exactement quatre locaux » deux a des personnes d origines chleuh et deux a des personnes d origine arabe » et franchement j ai moins de mal a recuperer mes créances envers les deux arabes que les berberes, je pense que cela est dù au fait qu ils n acceptent pas qu un arabe puisse leur louer des locaux, donc ta confiance ici n a pas lieu d etre.

  15. Avatar
    Abdel Saïd le

    @averroe

    Au point de vue d’un arabe, je ne sais pas. Mais j’ai jamais compare la confiance des berberes a des arabes ou d’autre mais tout simplement j’ai mentionee que certaines personnes font confiance aux berberes ou chleuhs.

    PS: Je ne suis pas raciste envers personne.

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    Très pertinent. Je dirai aussi que notre culture de communauté est très développée de telle manière que le moi a beaucoup de mal à emmerger.

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    Marie-Aude le

    Merci Mounir.
    Oui, la communauté et ses différents niveaux est omniprésente au Maroc.
    J’y vois à la fois des aspects négatifs, mais aussi positifs, notamment avec une vraie solidarité.

  18. Avatar

    Bonjour,
    Intéressant article qui me remet en mémoire un petit livre lu à mon arrivée au Maroc, il y a 50 ans, et dans lequel j’ai beaucoup appris…
    Il s’agit de “Au Seuil de la vie marocaine”, de Louis Brunot, paru en 1950 mais heureusement réédité en 2013 par le CJB (Centre Jacques Berque).
    Présentation ici :
    https://books.openedition.org/cjb/413
    L’ouvrage est téléchargeable gratuitement.

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