Le 14 août est un jour férié au Maroc, l’anniversaire de la récupération de la province d’Oued Eddahab.
Il commémore un événement survenu en 1979, quatre ans après la Marche Verte.
Mais attends, je croyais que c’était la Marche Verte qui avait redonné au Maroc les provinces du Sud, l’ex Sahara Espagnol ?
Pas exactement.
Les accords de Madrid, en 1975, une administration tripartite provisoire
Signés à Madrid le 14 novembre 1975, huit jours après la Marche Verte et six jours avant la mort de Franco, les accords de Madrid organisent la partition du Sahara Espagnol, en le séparant en deux :

- au nord, les « provinces du Sud », c’est-à-dire la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, est confiée au Maroc ;
- au sud, la province de Tiris al-Gharbiyya (ou Tiris Occidental), c’est-à-dire l’actuelle région de Dakhla-Oued Eddahab, est confiée à la Mauritanie.
Les accords de Madrid n’attribuent aucun rôle au Polisario, qui va s’exiler en Algérie.
L’Espagne s’engage à quitter le territoire le 28 février 1976, et dans l’intervalle, le territoire serait administré par le gouverneur général espagnol, assisté de deux vice-gouverneurs, l’un marocain et l’autre mauritanien, qui respecteraient l’opinion publique sahraouie. La Mauritanie, qui avait réclamé ces territoires comme faisant partie de la « Grande Mauritanie » ont accepté ces accords, croyant, sans doute à raison, que le Maroc, fort de sa supériorité militaire, aurait sinon annexé l’ensemble du territoire.
C’est pourquoi le Secrétaire Général Adjoint aux Affaires Juridiques des Nations Unies, Hans Corell, affirme en 2002 que
La guerre entre la Mauritanie le Polisario
Des heurts ont régulièrement lieu avec le Polisario. C’est le début de la guerre du Sahara Occidental.Le Polisario et l’Algérie ont tous deux considéré l’avancée du Maroc et de la Mauritanie comme une invasion étrangère, tandis que le Maroc et la Mauritanie voyaient dans la lutte contre le Polisario un combat contre un groupe séparatiste.
Dès 1977, la Mauritanie, en grande difficulté économique, veut terminer cette guerre coûteuse qui crée du mécontentement au sein des forces armées. Après un coup d’état, le nouveau président, le colonel Mustapha Ould Saleck dirige alors une junte militaire qui prône une approche modérée, pro-française et pro-marocaine. Après de longues négociations avec le Polisario, une nouvelle junte militaire renonce par traité au Sahara occidental le 5 août, reconnaissant le Polisario comme seul représentant légitime du peuple du Sahara occidental. Ce sont les accords d’Alger.
Le Maroc récupère effectivement la province d’Oued Eddahab
Aussitôt, le Maroc occupe le territoire, prenant le Polisario et la Mauritanie de court.
Le Maroc déploie son armée. Et le 11 août 1979, le drapeau marocain flotte à Dakhla.
Et le 14 août, une délégation les représentants de toutes les tribus, les notables et les oulémas de cette province se rendent à Rabat faire l’acte d’allégeance au Roi du Maroc, Hassan II accompagné de ses fils, le futur Mohammed VI et Moulay Rachid. Vêtus de blanc, les sahraouis vêtus en bleu et blanc, sous la direction de Cheikh Ahmed Habib Allah Ould Bouh, doyen et caïd de Dakhla, composent un tableau destiné à frapper les esprits.

Symboliquement, Hassan II leur remet des armes. Puis il répond à leur allégeance par un discours, où il s’engage
La riposte du Polisario : la bataille de Lebouirate
Dix jours après, dans la nuit du 24 août 1979, le Polisario porte la guerre en territoire marocain, en attaquant une garnison marocaine à Lebouirate, dans un territoire qui n’est pas réclamé par le Polisario.
Entre 150 et 5.000 hommes infligent de lourdes pertes à l’armée marocaine, entre 50 et 800 morts selon les sources, et de nombreux matériels militaires sont détruits ou saisis. Lebouirate reste aux mains du Polisario pendant près d’un an. Le village de Zag, à proximité, sera assiégé par le Polisario de décembre 1979 à mai 1980.
En 1980, le Maroc commence la construction du mur des sables de plus de 2 720 km. Le conflit s’enlise, pour des décennies.
Le Maroc oeuvre pour le bien-être des Saharaouis
Fidèle à la promesse de Hassan II et aussi par intérêt bien compris, pour s’attacher les populations, le Maroc soutient le développement économique de ces provinces. Exonérations fiscales, aides à l’investissement, programmes de développement, tout est fait pour que la région se développe.
Elle accueille des touristes, profitant du spot de surf de Dakhla, mais surtout c’est un hub de pêche, on y développe des activités d’aquaculture et des énergies renouvelables.
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Hassan II

