Le salon de l’e-commerce au Maroc

23 Sep 2013 par Marie-Aude

Le salon de l’e-commerce au Maroc

Nous sommes allés au salon de l’e-commerce, qui se tenait, du 19 au 21 septembre, à l’Office des Changes, à Casablanca. Nous avions choisi le premier jour, en nous donnant la possibilité d’y retourner, si besoin était.

Nous reviendrons en détail sur ce que nous y avons vu, les gens que nous avons rencontré, mais en attendant, voici un premier retour.

L’e-commerce est encore balbutiant au Maroc, et ça se voit !

 Sous toute réserve, car nous n’y étions que la première journée, mais le salon nous a paru vide et, selon certains exposants, plus vide que l’année dernière.

Son positionnement « professionnel » en est peut-être la cause, mais pas seulement.

En tant qu’e-commerçante, ce que je recherche, dans un salon, ce sont des solutions pour m’aider à faire mon métier, c’est-à-dire :

  • des solutions de paiement
  • des solutions logistique
  • de la publicité, des partenariats
  • des informations sectorielles

En solutions de paiement, les problèmes sont connus au Maroc, avec le coût beaucoup trop élevé de la solution Maroc Télécommerce (à cause des frais CMI et de la caution initale), et les limitations sur les autres solutions. Ce n’est pas l’arrivée d’un nouveau portefeuille en ligne (cashplus) qui va changer la donner. Et si l’annonce de l’ouverture de vrais comptes paypal au Maroc est une bonne chose, elle ne modifie pas non plus totalement le paysage.

En solutions logistiques, il y a avait un gros intervenant, KenzaMall, dont on va reparler, il mérite un article à lui seul, et la poste. Je n’ai même pas vu les autres transporteurs privés, comme DHL, qui sont pourtant essentiels pour les e-commerçants qui exportent. Je n’ai pas non plus vu de call-center.

En publicité et partenariats, NetAffiliation était présent, avec sa filiale marocaine, et Youssef Debbagh, particulièrement efficace. KenzaMall et Zaz-Avenue aussi. Et je dirais « c’est tout ». En particulier, côté emailings, partenariats avec des portails, j’ai trouvé un grand vide.

Les informations sectorielles : peut-être étaient-elles données dans le programme de conférences, mais j’ai eu l’impression qu’il s’agissait plus, justement, de conférences que d’ateliers. J’avoue surtout que la salle de conférence n’était pas très attrayante, je n’y suis pas resté longtemps, donc peut-être ai-je une vision fausse de cette partie.

Une organisation « bien mais à améliorer »

Dans les points positifs :

  • un salon agréable, fluide à l’entrée, facile d’accès
  • un wifi gratuit et rapide
  • un espace « buvette et networking » correct à l’intérieur (mais situé juste à côté de l’espace conférence, dont le son se répandait dans tout le salon) avec des Nespresso gratuits, ça ça m’a fait fondre (merci Nespresso – KenzaMall)
  • un autre espace « buvette et networking » à l’extérieur, sans la sono, mais sans le wifi visiteur…
  • une bonne signalétique (mais difficile de se perdre, quand même)
  • une cérémonie de remise des récompenses dynamique
  • une organisation pro, avec prise de rendez-vous à l’avance

Le gros point à améliorer : la gestion du site internet et de la communication en temps réel.

  • impossible d’avoir les détails sur les exposants (et notamment leur site web) tant qu’on n’est pas inscrit
  • pas d’animation sur le site pendant la durée du salon (mise en ligne de vidéos, information sur « en ce moment »)
  • pas de mise à jour de la liste des trophées (on a accès à un PDF datant de 2012)
  • pas de proposition de transmettre après le salon des documents, PDF, présentations…

Les institutionnels ont-ils compris l’e-commerce ?

C’est la question que je me suis posée au sortir de ma discussion avec Al Barid, la poste marocaine.

Al Barid propose sur son site un suivi des expéditions, par le numéro de colis. Rien de particulièrement étonnant.

En revanche, quand je leur ai demandé quand ce suivi pourrait être intégré sur mon site marchand, la réponse à été :

C’est un service que nous ne comptons pas proposer. Vos clients peuvent venir sur notre site. Par ailleurs, cela ferait concurrence à notre propre solution de boutique en ligne.

Cette réponse m’a laissée sans voix.

  1. La poste pratique un mélange des genres qui, à mon avis, au delà de l’abus de position dominante. Parce que la Poste a décidé d’investir en tant que fournisseur de boutique en ligne, le marché de l’e-commerce, la Poste se réserve à elle-même une possibilité technique qui serait utile à tous les e-commerçants.
  2. La Poste semble oublier que son site n’est qu’en français et en arabe et que mes clients peuvent parler d’autres langues que le français. Comment puis-je oser envoyer un Suisse Allemand suivre son numéro de colis sur le site de la poste ?
  3. La Poste ne semble pas connaître les réalités du secteur, et que tout e-commerçant préférera une solution qu’il maîtrise à une solution hébergée. Pour des raisons de pérennité, de sécurité des informations, de souplesse de gestion, d’optimisation de site… La Poste refuse donc une fonctionnalité au e-commerçants professionnels au profit d’une solution gratuite qui ne s’adressera qu’à de toutes petites e-boutiques.
  4. Enfin, la Poste est tellement une professionnelle de l’internet que sa solution n’est visible nulle part…

Les e-commerçants développent leur secteur

Finalement, l’e-commerce est poussé par les e-commerçants.

A la différence de ce qui a pu se produire en Europe, le Maroc était « vierge » de tout opérateur à l’arrivée du e-commerce, il n’y avait pas, comme en Europe, de gros VPCistes qui avaient pu déblayer le terrain, d’un point de vue logistique, législatif, donner des habitudes de paiement, etc…

Alors que les petits opérateurs ont pu se lancer et construire une activité dans un cadre déjà existant, les e-commerçants ont tout à faire au Maroc. On a donc d’un côté, les « nouveaux gros » (qui ne sont pas très gros), et particulièrement la galaxie KenzaMall, qui pallie ce problème en proposant une intégration complète de la chaine, logistique et commerciale, ou Jumia.ma et de l’autre côté des tout petits, handicapés par les problèmes structurels. De plus en plus de grosses entreprises étrangères s’implantent aussi au Maroc : Groupon, Mazone, LeBonCoin, renchérissant le ticket d’entrée pour les « petits » marocains.

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5 Commentaires
  1. Un lecteur

    Bonjour Marie-Aude,

    article très intéressant, cependant mon commentaire ne concernera pas le billet.
    Ce n’est donc pas un commentaire mais une question concernant ovh Maroc.

    En effet, j’ai tenté à plusieurs reprises de vérifier la disponibilité d’un ndd en .ma mais rien à faire, ils sont tous déjà existants. même les plus absurdes!
    exemple: http://www.sdfsfsfsfs.ma
    « Attention le nom de domaine sdfsfsfsfs.ma existe déjà, et n’est pas disponible à l’enregistrement. »

    Connaissant le Maroc et les marocains, je me pose des questions.
    Est ce un Bug, ou est ce volontaire ?

    Merci d’avance pour votre réponse.

    • Marie-Aude

      C’est tout simplement parce que le .ma n’est pas disponible chez OVH. Les contraintes de commercialisation du .ma sont assez restrictives, sans possibilités de réduction pour les gros volumes, et ça ne doit tout simplement pas intéresser OVH.

  2. Nadia de la Boutique Sianat

    Merci pour ce compte rendu. J’ai hésité à m’y rendre et je ne pense pas avoir loupé grand chose.
    En espérant un meilleur salon pour l’année prochaine.

  3. Marie-Aude

    Bonjour Nadia, non vous n’avez pas raté grand chose. En plus c’était marocco-marocco-centré, pour les boutiques « export » il n’y avait pas grand chose.

  4. Tarik Jahid

    merci pour le rapport , j y étais , et je suis encore déçus par les offres limités en ce qui concerne les services de paiements, surtout avec les limitations que l’état impose, raison pour laquelle nous vivons une platitude des solutions ecom.

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