Revenir au Maroc

7 Sep 2014 par Marie-Aude

Revenir au Maroc

Cela fait très longtemps que je voulais parler d’une catégorie particulière d’expats au Maroc : les (franco)-marocains nés en France et qui souhaitent revenir s’installer au pays de leurs parents, ou même de leurs grands-parents.

Ce n’est pas une démarche aussi facile qu’il y parait.

Bien que le gouvernement marocain fasse tout ce qu’il peut pour les attirer, le taux d’échec est assez élevé : des statistiques qui datent de deux ou trois ans parlaient d’un retour réussi sur cinq seulement.

Hier, via le formulaire de contact, j’ai reçu un message d’une personne que l’on va appeler Hassan.

Avec son accord, et en changeant ce qu’il fallait pour que son message reste anonyme, j’ai voulu partager à la fois ses questionnements et les réponses que je lui ai faites, car il s’agit d’un cas d’école, à la fois dans les raisons du départ de France, et dans la bonne préparation de son retour.

Le message et le projet

Voici la situation :

j’ai 34 ans, né de père et mère marocains résidant encore en France (8 mois sur 12). Je suis né en France et ne vais au Maroc qu’en vacances « en famille ».
Je suis marié à une française d’origine marocaine (père et mère également). Elle à 31 ans. Nous avons 3 enfants (9, 6 et 3 ans) scolarisés en France bien sûr. Un 4ème devrait arriver d’ici Décembre « inch’Allah ».

Je suis Directeur d’Exploitation dans une entreprise de distribution de produits professionnels pour l’assainissement et m’adresse aux prestataires de services (depuis 2013, auparavant j’étais Responsable Commercial dans cette même boite pendant 4 ans). J’ai une situation confortable (4500€ par mois en moyenne) mais beaucoup d’efforts pour y parvenir et de sacrifices sur le plan personnel.

Mon épouse a choisi de ne pas travailler par envie personnelle mais surtout pour mieux être présente dans l’éducation de nos enfants.

Je ne suis donc pas à plaindre mais depuis quelques années, je ressens un besoin « d’ailleurs », clairement guidé par une envie de qualité de vie (plus apaisante) et un endroit où nous pourrons mieux « imbriquer » travail/vie/religion (musulmane), et je précise que nous sommes de simples pratiquants désireux d’assumer notre Islam en toute tranquillité.

Ce qui est difficile par moments en France (relations commerciales, prières quotidiennes, islamophobie…), mais pas impossible bien sûr (je déteste la victimisation à outrance de certains). On ressent tout de même en France cette nécessité (professionnellement) de rentrer dans un moule, de peur de paraître trop « différent ».

Le Maroc connaît une croissance soutenue, et la notion de confort se démocratise. Les produits qui sont mon coeur de métier deviennent de plus en plus importants pour des raisons économiques et sanitaires. Travailler un marché en début d’essor est un challenge très intéressant même si la contrebande est bien là.

Un de mes fournisseurs (Espagnol) avec qui je développe une gamme de produit en France me propose de l’accompagner dans le développement commercial d’une structure de Distribution au Maroc.

Basé à Casablanca, le job consistera dans un premier temps a commercialiser des produits et du matériel aux professionnels prestataires de services au Maroc

Dans un second temps, une gamme pour revendeurs aux particuliers devrait émerger, ainsi qu’une entité logistique.

Nous aurons un stock dans la région de Casablanca, et et un panel de produits homologués.

Il y a une forte attente en matière de produits efficaces et surtout européens. Je suis souvent sollicité par des professionnels marocains au sujet de nos produits.

L’offre :

Fixe entre 22 et 25 000 DH nets par mois (évolutif après 2/3 ans si succès) + frais de déplacements (je ferais presque tout avec la secrétaire au démarrage). Le véhicule sera soit de mon propre investissement, soit fourni (je vais devoir négocier!!).

Mon état d’esprit :

je suis issu d’un milieu très modeste où nous avons appris à vivre avec ce qu’il y a mais avons toujours mangé à notre faim en étant assez heureux. Je n’ai bénéficié d’aucun réseaux pour arriver à mon poste actuel, si ce n’est beaucoup de travail, des compétences certaines, et bien sûr l’aide de mon Seigneur (c’est plus personnel ça ! ). Aujourd’hui, même avec ce salaire je garde un train de vie modeste car plus en adéquation avec ce que nous sommes moi et mon épouse.

Exigences :

  • Éducation de nos enfants avant tout car ne eux ne parlent que très peu arabe et des écoles privées me semblent indispensables (maternelle et primaire). L’OSUI me semble trop chère et je voudrais privilégier l’AEFE ou d’autres écoles privées homologuées. Qu’en pensez vous?
  • Logement : nous préférons une location dans un premier temps (F4) en périphérie de Casa car souhaitons un peu d’air frais et moins de densité. Je suis prêt à faire 45 mn de trajet en voiture pour me rendre au bureau (sachant que les 2 premières années les déplacements sur le Maroc seront nombreux, mêmes si concentrés aux grandes villes avant tout).

Ce qui nous motive :

  • Éléments mentionnés + haut (cadre de vie, religion)
  • Famille répartie au Maroc : Casa, Agadir, Meknès, etc… Je viens de passer un mois encore cet été et me sens comme chez moi, même si en terme de mentalité et de rythme et qualité de travail il faut je pense jongler entre patience et coup de pression….
  • Paradoxalement, je recherche un peu plus de calme en matière de rythme de travail car je suis loin d’être paresseux et pessimiste, mais je pense que le boulot doit rester un moyen et pas une fin en soi.
  • Plus personnellement, la possibilité de développer un business (à fort potentiel) avec possibilité de faire vivre des marocains (motivés et compétents) à horizon 2016/2017 est très excitant.
  • Le coeur de métier est le même, ne restera « plus » que la barrière des mentalités et les rouages du commerce BtoB sur place (relationnel, qualité des produits/services seront selon moi les arguments de base)

Inconvénients :

  • Enfants ne maîtrisent pas l’arabe mais aiment le pays !
  • Je parle arabe dialectal mais n’ait pas de bonnes bases en arabe littéraire. Un problème pour le business ?
  • Casa : je connais bien certains quartiers populaires de cette ville (Hay Mohammedi, Moulay Rachid, Birnazil…) mais peu les quartiers chics ou reposants. La vie y est inutilement speed ! La sécurité plutôt moyenne.
  • Risque d’échec mais j’y suis paré. A moins que vous ne voyez d’autres précautions.

Pour terminer, je précise que j’ai la double nationalité (même si ma carte marocaine est périmée depuis 10 ans). Nous allons nous rendre en consulat pour régulariser cela et pour ma femme et enfants aussi.

J’envisage de démarrer le job au printemps 2015. Je me rendrai seul pendant 6 mois afin de ne pas tout lâcher en France (logement et scolarité en cours des enfants). Ce partenaire espagnol est dans une logique d’investissement à long terme avec bénéfices espérés sous 3 à 4 ans. Ce qui explique le contrat LOCAL type CDI qu’il me propose avec salaire fixe uniquement. Et c’est également cohérent car il faut du temps pour établir un réseau de clients.

J’ai besoin d’avoir votre avis sur :

  • ce projet de retour au Maroc vis à vis de mon état d’esprit (compte tenu de votre expérience réelle sur place)
  • ce projet vis à vis du salaire de départ proposé (comme annoncé je ne souhaite pas forcément vivre à l’européenne mais plutôt convenablement avec un peu de confort et de la largesse pour mes proches sur place)
  • le type de contrat et les pièges à éviter
  • le coût des mutuelles (dépenses de santé) en plus de la caisse pour Français à l’étranger (double nationalité)
  • la facilité d’obtention de la paperasse administrative compte tenu de ma double nationalité
  • l’endroit à privilégier en périphérie de Casa (pour la qualité de vie, la scolarité des enfants et la proximité relative du boulot). J’ai pensé à El Jadida ou Mohammedia, voire Rabat.

Mon attente de conseils ne repose pas entièrement sur vous bien sûr mais j’aimerais avoir votre avis éclairé de base. Et il me paraissait important de vous détailler le contexte et notre état d’esprit car les expériences d’échecs sont je suis sûr très variées et dépendent en grande partie des objectifs et attentes que l’on se fixe !

Je ne suis pas arrêté sur mon choix mais bien décidé un jour ou l’autre à commercer et vivre au Maroc.

Un type de projet de plus en plus fréquent : l’hijra, mais pas seulement

Par rapport à il y a dix ans, je trouve que les motivations du retour ont changée. Il y a dix ans, il s’agissait en majorité de revenir « aider » le Maroc, et, comme les autres expats, de profiter en même temps d’un meilleur niveau de vie, toutes choses égales par ailleurs. Ou bien, à l’inverse, de ce que j’appellerais « le projet romantique« , avec un Maroc totalement idéalisé, des enfants d’émigrants qui ne se rendaient pas compte que si leurs parents ou grand-parents étaient partis en Europe, c’est que tout n’était pas rose au Maroc.

Aujourd’hui, la dimension religieuse est souvent un des moteurs du projet. Dans la très grande majorité des cas, il s’agit de personnes comme Hassan, qui veulent juste pouvoir vivre mieux. Jusqu’à très récemment, les musulmans qui voulaient vivre un Islam très rigoureux étaient plus attirés par l’Egypte.

Je vais me permettre ici un commentaire personnel : je trouve terriblement dommage qu’on en soit arrivé là. Je suis une petite-fille d’immigrés, et même si mon grand-père venait d’une toute autre partie du monde, il y a en France une crispation croissante qui est dommageable pour tout le monde. Je vois de plus en plus de gens éduqués, ayant un bon travail, « économiquement productifs » quitter la France, et je me dis qu’on n’a rien appris avec la révocation de l’Édit de Nantes qui avait, de la même façon, saigné économiquement la France.

Fin de la parenthèse.

Globalement, une accélération des « retours », toutes motivations confondues

La liste de liens en bas de l’article est parlante : depuis 2010-2011, une grosse accélération des retours de MRE a été constatée. Elle est liée aux conditions « politiques » au sens large, qui correspondent en partie aux motivations de Hassan, mais aussi à l’impact de la crise, qui a très durement frappé les émigrants marocains peu qualifiés.

Pour ces derniers, le retour au pays est rarement facile. Dans un certain nombre de cas, ils se retrouvent confrontés à la concurrence de travailleurs européens migrants pour les mêmes raisons économiques qu’eux (particulièrement dans le secteur du bâtiment, où on trouve un nombre significatif d’ouvriers espagnols sur Casablanca et Tanger).

Pour les premiers, dont Hassan fait partie, les possibilités sont nettement plus prometteuses, sous réserve d’un certain nombre de conditions. Et ma première réaction a été de répondre à Hassan qu’il avait tout pour réussir son retour :

  • des liens forts qui ont été conservés avec le Maroc, même s’il est, clairement, un MRE et pas un « marocain »
  • un projet sérieux, qui tient la route, qui est lié à des secteurs en développement au Maroc et qui apporte une innovation au lieu de concurrencer des acteurs locaux
  • un projet, aussi, qui se donne le temps de réussir : je l’ai sans doute déjà dit, au Maroc il est facile de « faire un bon coup », s »implanter réellement demande du temps
  • un grand réalisme sur les risques possibles, la volonté d’y aller progressivement, Hassan se donne le temps de bien préparer son projet
  • une épouse qui ne travaille pas – ça fera l’objet d’un article à lui tout seul, clairement le retour des MREtte (néologisme) professionnelles est généralement plus difficile que celui des hommes

La principale cause d’échec : l’ambiguïté culturelle

Le retour d’un MRE au Maroc, c’est un peu la fable de La Chauve-Souris et des Deux Belettes, de La Fontaine, où une chauve-souris sauve sa vie à deux reprises, prétendant être un oiseau face à la belette qui déteste les souris, et une souris, face à celle qui ne pourchasse que les oiseaux.

Un MRE revenu au Maroc sera, avant tout, vu comme un marocain. Ce qu’on pardonne aux expats français, parce qu’ils ne sont pas d’ici, on le le lui pardonnera pas, on lui en tiendra même particulièrement rigueur, l’assimilant à la population des marocains qui reviennent l’été, frimer, avec des belles Mercédes.

Même né en France, éduqué en France, ayant travaillé toute sa vie en France, il est marocain, de nom, de visage, et on attend de lui qu’il le soit entièrement, donc culturellement.

En même temps, ses atouts, ce pour quoi son employeur va sans doute l’embaucher sont justement sa formation et son expérience professionnelle à l’étranger.

Il va donc lui falloir suivre un chemin étroit entre l’adoption rapide des us et coutumes du pays et le maintien de son savoir faire.

Certaines connaissances ont pété les plombs, au sens strict du terme, en particulier face à l’administration marocaine, ou aux longueurs dans les négociations et les paiements, voire aux coups pourris.

L’univers professionnel au féminin

Le monde du travail marocain est encore terriblement macho. Cela se double d’une délégation nettement moins forte qu’en France. Dans une grosse société, une administration, une femme employée aura dix fois moins d’autonomie et de responsabilités qu’en France. Elle sera par contre nettement plus sollicitée pour faire le thé et le café…

Cette discrimination se retrouve à tous les étages. Le plafond de verre n’est pas seulement au sommet, il commence au premier étage. Il faut le savoir. Il y a des femmes qui réussissent professionnellement au Maroc, bien sûr. Mais elles sont dans l’environnement de la France des années 70.

A cet aspect macho se rajoutent d’autres contraintes culturelles : quand nous étions à Ouarzazate, je faisais « home office », l’entreprise était dans les mêmes locaux que la maison. Certains de mes clients ne passaient pas si mon mari n’était pas là : plus encore qu’aux Etats-Unis, une femme et un homme ne se retrouvent pas seuls. Ça peut sérieusement limiter le business.

Pour des femmes qui ont commencé une carrière en France, le choc est souvent rude. En tant que marocaines, il leur est plus difficile de travailler dans la « bulle » des expats.

Aussi, le fait que l’épouse de Hassan ne souhaite pas travailler est un point plutôt positif, dans leur cas.

Le réseau est essentiel

Au Maroc, le réseau est essentiel. A la différence de l’Europe, il est avant tout familial, local, « tribal ». C’est une des principales difficultés des expats. Avoir de la famille au Maroc, les voir régulièrement, bref avoir déjà son propre réseau prêt à vous aider est un gros point positif.

Comme le partenaire de Hassan souhaite investir à long terme, Hassan aura tout le temps de capitaliser sur ce réseau, de développer le sien.

Là encore, un gros point positif.

La barrière de la langue

Les marocains qui parlent bien l’arabe classique sont en fait, peu nombreux. Le business se fait en darija, un peu en français.

L’arabe standard, c’est pour la télé (et encore…) les journaux (et encore…) les actes administratifs (il y a des comptables, des juristes).

En tant que marocain, ce serait gênant que Hassan ne parle pas la langue, mais la darija est amplement suffisante. Paradoxalement même, il vaut mieux, dans son cas, bien parler la darija et mal le standard ! « Comme tout le monde ».

Voilà, il y a encore beaucoup d’autres choses à dire, sur l’aspect administratif notamment, mais cela fera l’objet d’un autre article !

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14 Commentaires
  1. Karim

    Une très bonne initiative que Dieu te vienne en aide inchallah
    Et une très bonne réussite pour toute la famille

  2. Nordine

    Salam aleykoum, je souhaite succès et réussite à cette personne qui entreprend un projet d’avenir ambitieux avec un changement de vie et d’avenir pour sa femme et ses enfants. Pour ma part, je suis exactement dans la même situation que cette personnes, sauf que je suis célibataire et j’ai pour projet d’ouvrir un commerce qui pourrait, si Dieu le veut, devenir une franchise au Maroc. Je souhaiterais tous simplement savoir où en est cette personne dans son projet et avoir son témoignage.
    Merci

  3. Tech

    Bonjour,

    Vous pourriez me mettre en contact avec « Hassan » car je suis un peu dans la même configuration que lui, sauf que je n’ai pas de contrat sur place (création société de service informatique en projet) ?
    Merci

    • Marie-Aude

      Je vais lui passer le message.

      Je peux aussi vous conseiller, notamment pour la partie informatique :)

  4. Sali

    Bonjour,

    Cela faut deux jours que j’ai découvert votre site et je m’en réjouis.

    C’est la 1er fois que je lis et trouve un site aussi simple et complet selon les attentes de chacun.

    Tout d’abord, je voulais vous remercier pour votre réactivité et vos conseils.

    J’aimerai vous faire part de mon envie de retour au pays et d’investir dans un projet qui me semble n’a été repris par personne si pas dire peu de gens.

    Comme projet organisatrice de petits événements festives. Je n’ai pas de contacts précis , n’y de connaissance mais j’ai une idée de où localiser mon entreprise, puis je l’appeler entreprise vue que je serai seule au début pour démarcher et proposer mes services.

    Mes questions, dois je me déclarer comme particulier pour ce genre de projet si oui où et quoi faire? Dois je avoir deq associés, un fond des connaissance etc…

    serais je repris comme indépendante ou gérante pour mon activité enfin savoir quelle est mon statut légale pour ne pas être dans l’illégalité.

    suis obligée d’avoir un fond même si mon projet n’en nécessite pas exactement.

    Puis je ne pas avoir d’adresse professionnel pour mon activité.

    pourriez vous me permettre de vous joindre en privé pour plus de précisions.

    en vous remerciant.

    • Marie-Aude

      Bonjour Sali,

      le mieux est d’avoir une « structure » même si elle est très simple (sarl d’associé unique), cela protège votre patrimoine personnel. Vous n’avez pas l’obligation d’un « fonds », mais d’une adresse, qui peut- si votre propriétaire est d’accord, se trouver dans votre appartement.

      N’hésitez pas à nous contacter via le formulaire, pour discuter plus avant.

  5. Salima Moka

    Encore un grand merci pour vos reponses je vous ai envoyé il y a quelques jours via le formulaire d’autres questions qui me sont pertinentes et qu’ils le sont certainement pour les autres.

    Dans l’attente de vous lire en retour, je vous vous souhaite un bonne journée.

    Sali

  6. sazi

    Bonjour,

    Je suis belge (d’origine marocaine), mon époux est belge converti à l’Islam. Nous souhaitons dans un premier temps voyager au Maroc afin de trouver le bon endroit pour nous y installer. Comment ça se passe concrètement pour mon mari qui est belge, quelles sont les démarches administratives à suivre? Puis-je mettre sur mon passeport mon mari et mes enfants?
    Merci pour votre compréhension.

    • Marie-Aude

      Rien de particulier, votre mari a besoin de son passeport, c’est tout. Comme n’importe quel européen, les séjours de moins de trois mois ne sont pas soumis à visa touristique. Pour vos enfants vous faites comme vous voulez.

  7. Nourdin

    Bonjour,
    je « surfais » sur votre site lorsque je suis tombé sur cet article qui m’a fait réagir, et plus particulièrement votre « commentaire personnel ». En effet, ce que vous soulignez est tout à fait juste à mes yeux.
    La France ne se rend pas compte qu’en faisant « fuir » ses propres citoyens de confession musulmane, en particulier les plus « économiquement productifs », elle se prive très certainement d’une force vive dans les années à venir…A moyen-long terme, ce sera une catastrophe! Personnellement, je vois cela comme une formidable opportunité pour le Maroc: il acquiert « gratuitement » de la main d’oeuvre qualifiée, voire très qualifiée qui lui permet de devenir plus compétitif sur la scène internationale et de créer davantage de richesses.
    Je suis français et musulman (cette combinaison est-elle possible aujourd’hui. ..?) mais la seule chose qui me montre actuellement que je suis français est la carte d’identité! Je peux vous assurer que le regard appuyé et haineux de mes concitoyens, le discours islamophobe ambiant etc… me rappellent bel et bien que je ne suis pas vraiment français!

    Tout cela m’a amené à envisager très prochainement un « retour » au Maroc. Et je ne suis pas le seul!
    Après avoir fait plusieurs voyages dans plusieurs pays, je peux vous dire ceci aujourd’hui: la France n’est qu’un petit pays sur l’échiquier mondial et je peux vous assurer qu’on peut très certainement mieux vivre ailleurs. N’ayez crainte! La terre de Dieu est vaste et c’est pour cette raison que je suis confiant pour le projet de Hassan. Entre vivre dignement et vivre oppressé, quelle est la meilleure voie? Vous avez la réponse!

    Pour information, je suis professeur de mathématiques.
    Et Dieu sait que la France a besoin d’enseignants vu la situation actuelle…
    J’aime participer à former les citoyens de demain mais pas dans ces conditions!

    Merci de m’avoir lu. Merci pour votre travail.

  8. FATNI Elkhader

    Bonjour à tous,

    Pareillement, je tombe par hasard sur ce site qui est très bien fait et devrait devenir mon repère dans les mois à venir pour mon projet de retour au Maroc.

    J’ajouterai me reconnaître parfaitement dans ton explication Marie Aude quant à la motivation des MRE, plus encore quand je lis le message de Nourdin.

    Enfin, je préciserai que ce phénomène apparaît de plus en plus tôt dans la population (je n’ai que 25 ans) et que, en toute vraisemblance, la France est en train de faillir sur ce point…(malgré ma grande reconnaissance envers ce pays qui m’a fait grandir)

    Cordialement

  9. sazi

    Bonsoir,

    Nous avons des enfants en ages légales d’obligation scolaire (pour nous ça se passe en ief), nous souhaitons aller plusieurs fois au Maroc cette année. Est-ce qu’il est possible en étant mariée, que mon mari reste domicilié ici en Belgique mais que moi ainsi que mes enfants nous nous domicilions au Maroc? Qu’elles seront les répercutions sur les allocations familiales, pour les impôts?

    Ou alors, si nous prenons en location un appartement durant un certain temps au Maroc, qui doit-on prévenir?

    J’ai appris que je pouvais garder mon passeport belge ainsi que mon époux et mes enfants pour nous y rendre mais qu’il était préférable de garder ma carte nationale marocaine.

    Je vous avoue être un peu perdue, notre projet avance à grand pas mais toutes ces questions formelles, administratives, m’ont l’air compliquées.

    Merci pour votre compréhension,

    Sazi

  10. Said

    marba bik au maroc, je vous espere du success et de « sbar » patience.
    d apres mon experience plus que 20 en europe…
    je perfere de vivre dans les quartier chics, comme ca l acces aux ecoles et activites por enfants est facile.
    la famille est un soutien, mais parfaois un Problem..alors fait attention
    la mentalite des marocains est en fonds bien, mais quand il s agit du business ou en Genral de l’argent, on montre un autre Visage..ca c’ est 100%. c est pourquoi j ais reduis smes activites de business a l international
    je vous conseille de rentre du temps aux temps a leurope pour se reposer et surout de
    d accumler de l energie..ca fait que de bien
    enfin..le Maroc est cher mon frere..il faux dir que si tigagne en europe 3000 euro et tu es satisfait…alors tu besoisns ici 30.000 DhM.. c est simple et parfois dure de comprendre..
    pardons Monsieur..mon Francais est modeste..je prefrais d’ecrire en anglais

    allah yaawnek
    salam

    • Bernard R.

      Bonjour
      merci pour votre témoignage.
      Quand vous dites « si tu gagnes 3.000 € en Europe, tu as besoin de 30.000 dirhams ici », non, je ne suis pas d’accord. Beaucoup de choses sont quand même nettement moins chères au Maroc.
      Bonne continuation

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