Les trucs qui nous manquent au Maroc

10 Nov 2015 par Bernard R.

Les trucs qui nous manquent au Maroc

Souvent, la première crainte de ceux qui viennent vivre définitivement ou pour un hivernage prolongé au Maroc, c’est celle de ne pas pouvoir trouver facilement de l’alcool ou de la charcuterie. Erreur…. en dehors de petits villages paumés et de la période de Ramadan, on trouve quasiment partout de l’alcool au Maroc (mais pas à n’importe quel prix) et raisonnablement facilement de la charcuterie.

D’autres choses sont plus difficiles à trouver à un prix raisonnable, nécessitent même une importation régulière. D’ailleurs, si vous avez des adresses, on prend avec plaisir (vous pouvez les suggérer dans l’annuaire).

La notion de prix raisonnable est très importante : car en fait, on trouve de tout au Maroc, mais quand il faut mettre quatre bras pour ce qui couterait à peine un doigt en Europe, on préfère se rabattre sur internet et les livraisons internationales, avec passage à la douane quasi-obligatoire et diminution de la réserve touristique, pour ceux qui n’ont pas un compte en dirhams convertibles.

De même, l’endroit où vous trouvez compte : Ouarzazate est nettement plus « dénué de tout » que Marrakech, lui-même nettement moins bien approvisionné que Casablanca.

Boite métallique contenant un mélange de thé vert et thé noir aromatisé à la menthe

Arrivé il y a deux mois, un mélange étonnant, pour réconcilier les marocains avec le thé noir

Article écrit à de multiples mains, après consultation de notre entourage !

Du bon thé noir

En dehors de Tanger, les anglais n’ont jamais mis les pieds au Maroc, et cela se sent. Pour l’amateur de five-o’clock tea à longueur de journée que je suis, il faut de la variété et une alternative aux thés à la menthe, à l’absinthe, au thym et au sucre qu’on trouve partout. J’ai le défaut d’être un véritable amateur de thé noir et de thé blanc, et de ne pas apprécier les ersatz qu’on trouve en supermarché, en qualités limitées d’ailleurs. Hédiard et Fauchon sont en dehors de ce que j’appelle un « prix raisonnable », il y a une excellente petite boutique cachée au fond d’un chemin à Dar Bouazza, pas immédiatement accessible pour tout le monde et puis c’est tout ce que j’ai pu trouver.

Après avoir testé de nombreuses boutiques en ligne, en France, j’étais devenu un client fidèle de Thé Passion, dont la qualité d’approvisionnement est nettement plus stable que celle du Palais des Thés, qui propose un délicieux Tarry Souchong et qui m’a aussi fait découvrir des choses exotiques comme le thé à la cardamome. Et pour mes amis marocains qui ne peuvent pas se passer de leur thé vert, un étonnant mélange de thé noir et de thé vert aromatisé à la menthe. Malheureusement, aucune des deux ne livre au Maroc (aucune boutique en ligne de thé de bonne qualité, d’ailleurs).

Pour le thé, j’en suis donc réduit à faire livrer chez un petit transporteur qui fait le trajet entre Paris et Casablanca une fois par semaine…

Du bon café

De la même façon, le bon café arabica est une denrée rare. Heureusement, il reste possible d’en trouver, en particulier dans la région de Tanger. Visez la marque Dubois, qui ne vous décevra pas.

Par contre, avantage de l’inconvénient, on trouve dans presque toutes les villes des marchands de café en grain qui vont vous moudre votre café à la demande, pouvant même vous faire un mélange sur mesure. Cela reste du robusta, mais mieux vaut un bon robusta qu’un mauvais arabica.

De véritables huiles essentielles

Dans la plupart des parapharmacies, on trouve des « huiles » mais qui n’ont pas la qualité des huiles essentielles. L’herboristerie Robert, à Casablanca, elle, propose de véritables huiles essentielles de qualité, mais elle reste limitée dans le nombre de références qu’elle propose. D’autres magasins existent, la chasse aux bonnes adresses est ouverte.

C’est d’ailleurs dommage, car le Maroc dispose d’une flore très intéressante, avec beaucoup de possibilités locales

Des trucs de fille

Les articles d’hygiène féminine sont assez limités. Sans doute le tabou de la virginité y est pour beaucoup. Bref, on peut se retrouver dans des situations de pénuries impressionnantes, où il devient impossible de trouver des tampons dans une ville entière. (Dans les grandes villes comme Casa, Rabat, Marrakech, on en trouve toujours, mais dès qu’on descend sur des villes comme Safi, Meknès, ou plus petit… la pénurie peut frapper). Quant aux MoonCup, elles sont impossibles à trouver sur place.

Des livres en abondance et de la musique classique

Le Maroc n’est pas un pays de lecteurs. En langues latines, le salon du Livre de Casablanca est d’une indigence rare une fois qu’on enlève la section éducation et la section religion. Les librairies ne sont pas nombreuses et finalement mieux fournies à Marrakech. Quant à la musique classique…. l’offre de CD de qualité est aussi visible qu’un djinn.

Heureusement, depuis qu’elle a ouvert un magasin à Casablanca, et si vous êtes adhérent FNAC en France, vous pouvez vous faire livrer sans supplément de frais de port en commandant sur le site de la FNAC (en tout cas, la combine fonctionnait encore il y a quelques mois).

Sinon, il reste les solutions que se partagent tous les expats. En dehors des grands sites, j’aime beaucoup fourtoutici, sans doute la meilleure collection d’ebooks en français, avec une grosse présence de la presse. C’est « mal », mais …..

De la peinture à bateau

Si les grandes surfaces vendant des produits pour bricolage ont vraiment démarré au Maroc, il y a encore des produits quasiment impossibles à trouver, en particulier la peinture à bateaux. Ou alors vous devez passer par un professionnel.

Même si vous n’avez pas de voilier, si vous habitez sur la côte, vous serez donc obligés de repeindre très régulièrement vos façades, portes, volets, barrières, ou à aller faire un tour vers Gibraltar. Il reste enfin la possibilité d’émouvoir Azko Nobel, qui est le principal (seul ?) fabricant / importateur de peinture à bateau au Maroc, mais théoriquement il ne vend qu’aux grossistes.

Des instruments de cuisine

Tamis à farine en métal

Le tamis à farine, un produit simple et aussi rare que le dahut

Dès qu’on sort de la cuisine traditionnelle, certains instruments deviennent difficiles à trouver. Marie-Aude a parcouru tout Marrakech et Casablanca à la recherche d’un simple tamiseur à farine (qu’on trouve chez Ikea pour quelques euros, mais les produits Ikea ne sont toujours pas disponibles au Maroc), des choses aussi simples qu’un couteau à écailler sont introuvables (même les pros les font souvent venir d’Espagne)…

Les trucs qu’on ne trouve pas tout le temps

D’une manière générale, la gestion des approvisionnements en produits étrangers a un petit côté « pochette surprise » quand on est de bonne humeur, « pays de l’Est d’il y a trente ans » quand on ronchonne, assez déstabilisante. Un produit va disparaître des rayonnages pour quelques semaines, quelques mois parfois, sans qu’on sache trop pourquoi. Alors qu’il y a quelques semaines, l’assortiment en sauces sojas de mon supermarché était quasiment vides, ce sont maintenant les sauces teriyaki qui ont disparu (celles qui servent à faire les délicieuses brochettes de viande caramélisées dans les restaurants japonais). L’article est bien prévu, sa place reste vide, et aucun moyen de savoir quand il reviendra.

Cette rupture d’approvisionnement peut toucher à peu près tout ce qui est importé, surtout quand il n’y a pas de produit de remplacement marocain… ce qui conduit à adopter des comportement de rationnés et à stocker, dès que le produit revient en rayon. Bien sûr ça perturbera encore plus la gestion logistique des achats !

Alors que le Maroc est un des pays du cheval, ce n’est pas simple non plus pour les cavaliers, comme nous l’explique François, d’Equi-Coaching au Maroc :

Du matériel d’équitation

Photo de François Dry avec Hippolyte de Berni

François Dry et Hippo : l’équipe de Equicoaching

Malgré les innombrables magasins de sport existant, les adeptes de l’équitation et du cheval sont bien mal lotis. Il y a bien quelques boutiques, et puis Décathlon, mais avec un choix ultra basique et limité à une marque ou deux et uniquement pour des équipements de base. Pour l’équipement du cheval c’est encore pire. Paradoxalement il n’y a pas vraiment de sellerie digne de ce nom. Le grand jeu est donc de passer ses commandes à chaque voyage d’un ami pour un filet, une badine de dressage ou des matériels spécifiques (brides sans mors, licols cordes, etc.)

Du petit matériel agricole

Au royaume de la débrouille, il est bien difficile de trouver du matériel pour notamment l’hébergement des chevaux ou grands animaux. Clôtures ou rubans électriques, piquets amovibles, connecteurs, raccords, tout cela n’existe pas comme on pourrait le trouver dans n’importe quel Bricorama rural. La ça devient compliqué car c’est du matériel encombrant, pouvant être lourd. Alors « on se débrouille » tant bien que mal avec ce qui est disponible localement mais ça manque vraiment. Il faut dire que le marché n’est pas non plus suffisant peut être pour qu’un entrepreneur y voit une opportunité de business.

Des produits vétérinaires

En dehors de très rares pharmacies et des vétérinaires des zones semi-rurales, les produit paramédicaux pour animaux en dehors des chats et des chiens sont inexistants. Que ce soit pour des soins externes, des compléments alimentaires, des complexes vitaminés, rien n’est disponible en dehors des essentiels fondamentaux et encore.

La encore les propriétaires de chevaux sont bien en peine de trouver autre chose que les remèdes de grand mère traditionnels qui sont bien souvent agressifs voire nocifs, et à l’efficacité douteuse. Il y a bien à Casablanca (dans les autres villes je l’ignore) une pharmacie bien achalandée, mais la encore il ne s’agit que des produits conventionnels connus. Impossible de trouver du Hoof Stuff ou des vermifuges naturels ! Par contre, en achetant des huiles essentielles (cf. plus haut), on arrive à se faire une bonne recette contre la fourchette pourrie !

Pour les chats et les chiens, la misère est à peine moindre grande, on trouve du frontline, de la nourriture de grande distribution, pour le reste il faut passer impérativement par son vétérinaire.

Un certain nombre de médicaments

Souvent, les dosages sont différents au Maroc, comme pour les supermarchés, il peut y avoir des ruptures de stock. L’essentiel est disponible, mais il faut changer les dosages, la présentation. De nombreux marocains accusent l’industrie pharmaceutique de livrer des médicaments sous-dosés et préfèrent essayer d’acheter directement en Europe. En ce qui concerne la fraude, je n’en sais rien. Par contre, pour la difficulté à trouver certains médocs, je peux témoigner… Donc si vous venez au Maroc et que vous avez besoin d’un traitement particulier, vérifiez sa disponibilité !

Et vous ? Avez-vous des trucs que vous n’arrivez pas à trouver ? Au contraire, avez-vous des bonnes adresses pour les trucs qu’on n’arrive pas à trouver ?

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7 Commentaires
  1. Igor

    Bonjour,
    D’ici mars 2016, ma femme retourne chez elle (le maroc donc !), ainsi que toute la smala, chat y compris. J’ai le privilège, et parfois aussi la contrainte, d’avoir sont point de vue et celui de sa famille au sujet des touristes et des expat. Eh bien je dois avouer qu’ils n’ont pas tort, en effet, le « gentil » blanc exige toujours sont petit confort, qu’il soit culinaire ou autre. Je faisais aussi partie du club : »c’est où qu’on peut trouver du pinard et du saucisson, et pis y zons pas les mêmes trucs, ah mais m…e ça fait ch..r ». Pas très classe hein ?. Malheureusement, j’ai discuté avec pas mal d’expat avec le même esprit exigeant le même confort que chez eux.
    Alors de grâce, n’oublions pas : les voyages qu’ils soient définitifs ou pas, servent à se dépayser et à changer d’air. Pour finir, j’ai une anecdote vécue et savoureuse : mon beau-frère, et sa femme américaine pur sucre, avaient passés trois jours chez nous. Le premier soir sa femme me fais deux reproches très sérieux, à savoir, que je ne bois pas de la bière américaine et que mon frigo ne distribuait pas de glaçons……….à bon entendeur.

  2. achelhiy

    hello,

    étant MRE il m’arrive d’aller au maroc en été…

    donc j’ai du mal a trouver du chocolat et du vrai fromage ainsi que de la baguette mais bon mine de rien Igor a raison : il ya autre chose……..

  3. Desmart

    Je trouve le pain meilleur au Maroc qu ‘en France surtout moins salée , a chaque fois quer je rentre en France je trouve qu ils ont fait tombé la salière .
    Moi j ai un bon boulanger a Tiznit ou ja chete mon pain pour la semaine .
    Pour Lr fRomage c’est bien sur limité mais on trouve bien sur du Camembert qui vien de France et j ai trouvé un emmental qui ma foi n’est pas trop mal , il est bizarrement importé de Hollande .
    Pour le chocolat , on trouve du Lindt en grande surface . .

    • Marie-Aude

      Oui c’est vrai que le pain au Maroc est beaucoup moins salé. Le pain marocain est tès bon, mais parfois j’ai envie d’une bonne baguette… un peu comme ma belle famille marocaine qui vit en France et qui est en manque de pain marocain ^^

  4. Desmart didier

    Chez mon boulanger il fait de bonnes baguettes mais un peu dure mais qui se conservent bien .
    Si vous n’etes pas loin de Agadir vous avez au sud de cette ville a 40 kms Belfaa , ils font des baguettes qui sont toutes la meme « recette »chez tous les boulangers des baguettes comme en France croustillantes , a manger de suite car le lendemain elles sont soit toutes seches si vous etes a l interieur ds terres ou du caoutchouc si vous etes en bord de mer . . . lol

  5. Pizano

    Bonjour Marie-Aude, je me permet de t’écrire car mon ami et moi avons le projet de venir s’installer au Maroc, nous aimerions monter une petite entreprise, je vois que tu as posté beaucoup de références concernant les chevaux. Et mon plus grand souhait serait de retrouver un emploi a Maroc dans mon domaine (je suis monitrice d’équitation) je ne sais vers qui me retourner il n’est pas simple de trouver des offres d’emploi au Maroc même en passant par google.ma
    J’aimerai aussi expatrier mon cheval SF en fonction de l’emploi que je vais pouvoir trouver. As tu des plans ? J’ai déjà écrit à la SOREC mais pas de réponse.
    Merci pour ce joli blog, bien rempli.
    Je te souhaite une bonne continuation !

    • Marie-Aude

      Bonjour
      et tout d’abord merci.

      Il est extrêmement difficile de trouver un emploi dans le monde du cheval au Maroc. Les places sont rares, convoitées, et mal payées (à l’exception des employés du C.A.F., dont le turn over est proche de zéro, un moniteur d’équitation, c’est 300 € / mois pour un temps complet). De plus, le monde du cheval a mis en place une filière de formation, dont les élèves ont du mal à trouver du travail. A moins d’avoir des compétences hors-normes, introuvables au Maroc, il te sera donc impossible de trouver un emploi.

      La solution qui reste est donc de créer ton propre business, mais pour cela il te faut trouver un lieu et d’autres chevaux. Il y a une petite clientèle régulière dans les grandes villes, ça peut être jouable.

      Option 3 : amène ton cheval, mets le en pension et va le voir très régulièrement.

      Je fais référence au cheval car je connais pas mal de cavaliers au Maroc. Si tu veux une prestation de conseil pour l’option 2 (monter ton activité toi même), n’hésite pas.

      Bonne journée à toi.

      (PS au Maroc, les jobs se trouvent sur place, pas par mail en étant à l’étranger)

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