Le Parti de l’Istiqlal, nationaliste, conservateur et toujours second

31 Août 2015 par Bernard R.

Le Parti de l’Istiqlal, nationaliste, conservateur et toujours second

« Istiqlal », cela veut dire indépendance. Ce parti nationaliste et conservateur est né officiellement en 1943, c’est le tout premier des partis marocains.

En réalité, il remonte à une association d’intellectuels qui date de 1934.

Parmi les figures historiques de l’Istiqlal on compte de nombreux noms célèbres (en tout cas pour les marocains) :

  • Ahmed Balafrej,
  • Allal el Fassi,
  • Abbas el Fassi,
  • Mehdi Ben Barka,

Il est symbolisé par une balance, « curieusement » ornée de rose. (« Curieusement » pour nous qui avons l’habitude d’associer le rose à des partis de gauche, progressistes).

Les thèses politiques

C’est un parti de notable, défenseur de l’Islam, du « Grand Maroc« , soutien de la monarchie. Il a été une des forces qui ont permis le retour de Mohammed V exilé par le protectorat français.

Le premier combat que mèneront ses fondateurs, avant même la lutte pour l’indépendance, c’est celui contre le Dahir Berbère, qui visait à séparer les communautés berbères et arabes, et à diviser pour mieux régner. Il a donc dans son ADN le refus du communautarisme et une certaine méfiance vis-à-vis des revendications berbères, ainsi que le panarabisme des années 30, celui de la résistance à la laïcisation imposée par l’occident, qui donnera plus tard des mouvements aussi différents que le socialisme de Nasser, ou les rêves islamistes de califat.

Il est partisan du « Grand Maroc », c’est-à-dire du Sahara Occidental marocain, mais aussi de la récupération des enclaves espagnoles (Ceuta, Melilla…).

D’une certaine façon, « mutatis mutandis », il pourrait être comparé à un parti gaulliste qui ne se serait pas transformé en RPR ni ensuite en UMP.

Le secrétaire général : Hamid Chabat

Le parti a été très longtemps dirigé par la famille Al Fassi (originaire, comme son nom l’indique, de Fès), et ce n’est que très récemment, en 2012 qu’un rifain implanté à Fès, Hamid Chabat, a pris sa direction, à 20 voix près. Hamid Chabat a la particularité d’être aussi un syndicaliste, à la tête de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM).

Portrait de Hamid Chabat

Hamid Chabat, le chef de l’Istiqlal

Hamid Chabat a quelques casseroles :

  • un de ses fils a été condamné à trois ans de prison ferme pour détention et trafic de cocaïne, un autre a eu des problèmes avec la justice pour une affaire de recel
  • une association a porté plainte contre lui pour avoir volé un tableau, sans que cela soit vraiment clair : le tableau appartient à l’Istiqlal, il a été déménagé du siège de Tétouan au bureau de Rabat
  • il en est venu violemment aux mains avec un député du PAM (mais il n’est pas le seul, loin de là)

Par contre, c’est un homme dynamique, qui a réussi une carrière exceptionnelle pour quelqu’un qui n’était ni fassi (membre de l’élite de la ville de Fès), ni notable, mais un simple technicien travaillant en usine. Comme maire de Fès, il fait évoluer sa ville et attire de grands projets, comme la plage artificielle.

Assise électorale et représentation

L’Istiqlal, c’est un peu le Raymond Poulidor de la politique marocaine. Sauf en 2007, il n’arrive jamais premier aux élections, très souvent second, mais il participe aux coalitions gouvernementales et il a donné trois premiers ministres, dont Abbas El Fassi, jusqu’en 2011.

Aux élections de 2011, il rejoint la Koutla démocratique, « Tous contre le PJD », qui va se totalement se planter. Le PI participe au gouvernement jusqu’en 2013, puis cinq des ministres du PI claquent la porte, le parti rejoint l’opposition.

Il revendique 250.000 membres. La plupart sont d’origine modeste, et aucune cotisation n’est demandée.

Il a, par le passé, souvent été accusé de fraudes électorales, tout comme les autres partis.

Les rejetons

L’Istiqlal était d’abord et avant tout un rassemblement de résistance. Une fois le Maroc indépendant, la vie politique se normalise, et l’Istiqlal perdre son aile gauche en 1953 en donnant naissance :

  • à l’Union Nationale des Forces Populaires, un parti socialiste fondé par Mehdi Ben Barka, aujourd’hui inactif, mais qui a donné ensuite naissance
  • à l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) en 1975, qui compte aujourd’hui 35 députés

Bien plus tard, en 2008, une nouvelle scission donne naissance au Parti de l’Unité et de la Démocratie.

Technologie et modernité

Enfin, si vous pouvez parler arabe, vous pouvez aller voir son site. Conformément à la doctrine du parti, il n’est publié qu’en arabe, par contre on trouve du français dans le code source ^^

Il est actif sur Facebook, avec 33.000 likes, ce qui n’est pas grand chose pour un parti politique ou pour une page marocaine.

Par contre son compte Google+ fait la pub de son agence web… il a une page sur Youtube aussi

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