Trouver en emploi de consultant au Maroc

5 Déc 2017 par Bernard R.

Trouver en emploi de consultant au Maroc

Si, la plupart du temps, on parle de création de société et d’activité propre pour « travailler au Maroc », c’est parce qu’il est souvent difficile pour un européen ou un MRE rentrant au Maroc de trouver un poste dans une entreprise locale, quand il ne s’agit pas de fonctions de « haut niveau ». Les habitudes de travail différentes, la faible délégation (doux euphémisme), comme les exigences salariales et la procédure ANAPEC, sont responsables de beaucoup d’échecs.

Il y a un secteur qui échappe à cela, et qui est, au contraire, une des branches embauchant le plus de professionnels ayant entre trois et dix ans d’expérience. Les marocains désirant revenir au pays après une formation et un premier travail à l’étranger ou consultants étrangers ayant le même niveau d’expérience sont extrêmement sollicités par un marché du conseil en plein développement.

Pourquoi le conseil se développe-t-il autant au Maroc ?

Pour servir l’économie et les entreprises.

Dès le début de son règne, Mohamed VI a lancé des grands chantiers de développement, lutte contre la pauvreté (Initiative Nationale pour le Développement Humain), contre l’illettrisme, etc. mais aussi des plans de développement de l’activité économique, sans laquelle aucun développement humain ne peut se faire à long terme.

Plusieurs secteurs vitaux ont été sélectionnés, entre autres l’Agriculture et le Tourisme. Au-delà de ces plans sectoriels, l’administration et les entreprises de « support » (en particulier banques et assurances) doivent évoluer.

De plus, le Maroc s’est beaucoup tourné vers l’Afrique. Cela a permis au pays d’équilibrer le poids de ses différents partenaires, au lieu d’être quasiment exclusivement dépendant des anciens colonisateurs. Aujourd’hui, le Maroc est une tête de pont pour l’Afrique francophone. Les sociétés marocaines s’y développent, et de nombreuses sociétés étrangères utilisent leur filiale marocaine (ou la créé) pour pouvoir plus facilement se développer en Afrique.

Le développement international du Maroc nécessite une évolution et une modernisation des entreprises, quelle que soit leur taille. Les grosses sociétés, comme les banques ou les sociétés d’assurance, sont directement confrontées à la concurrence internationale, ainsi qu’à des exigences normatives de plus en plus contraignantes.

Mais les société plus petites ont aussi un besoin d’accompagnement pour se renforcer à la fois sur le marché intérieur et à l’export : certification, qualité des processus, accompagnement marketing ou stratégique…

Le Maroc a besoin d’experts et de consultants.

Quels sont les profils de consultant qui sont le plus recherchés ?

Les grosses sociétés sont plus demandeuses de consultants ayant déjà acquis une expérience et une expertise, typiquement des profils avec trois à cinq ans dans le conseil, et si possible une expérience internationale.

Les missions stratégiques nationales sont généralement portées par des grands cabinets de conseil internationaux, comme McKinsey ou le BCG. Au niveau des gros clients, les missions se partagent entre cabinets européens, cabinets marocains associés à des cabinets européens (filiales ou accords de coopération), et, dans une moindre mesure, des cabinets purement marocains. Les PME, pour des raisons notamment de budget, vont avoir tendance à choisir des cabinets marocains, qu’ils soient associés à un réseau international ou pas.

Beaucoup de missions sont orientées sur l’optimisation des processus, la réorganisation, la gestion du changement suite à l’implantation de nouveaux outils, ainsi que sur les conséquences de fusions ou d’acquisitions.

La gestion des ressources humaines, longtemps totalement inexistante au Maroc (si, si… ) commence à devenir un sujet, car les ressources très qualifiées sont rares, et donc précieuses.

Les profils très techniques sont aussi recherchés dans l’agriculture ainsi que dans certaines branches industrielles, notamment les nouvelles énergies.

Enfin, dans le domaine stratégie et finance, la connaissance réelle des spécificités marocaines est nécessaire.

Le domaine de la finance islamique, qu’on appelle ici « finance participative » est en plein développement, avec une demande de bons techniciens.

Le conseil en marketing

Pour le conseil en marketing, il faut faire la différence entre le marketing à destination du Maroc (le secteur est encombré, pour un marché finalement assez petit et encore très traditionnel) et le marketing pour l’export. Là les entreprises marocaines ont besoin d’être accompagnées, à la fois dans la préparation et la réalisation d’actions marketing, et dans la découverte culturelle de marchés étrangers, comme l’Asie ou l’Afrique.

Oui, si le Maroc se trouve sur le continent Africain, travailler dans des pays d’Afrique noire demande une adaptation et une prise en compte des particularités locales. Certaines entreprises marocaines l’ont appris à leurs dépends.

C’est plus vrai encore pour les marchés asiatiques, particulièrement chinois.Rares sont les sociétés de conseil avec une véritable expérience de ces marchés, capables d’accompagner les entreprises marocaines.

Le niveau de salaire d’un consultant au Maroc

Après une époque où les niveaux de salaire étaient quasiment équivalents, ce qui voulait dire un niveau de vie bien meilleur, le marché s’est rationalisé. Les niveaux de salaire peuvent varier du simple au double entre des très grands cabinets comme MacKinsey et des cabinets marocains intégrés à des réseaux internationaux, du simple au triple quand il s’agit de cabinet uniquement locaux.

Les points importants :

  • une formation dans une bonne école (Europe, Etats-Unis, Canada)
  • un excellent niveau de français
  • une première expérience en cabinet de conseil, dans les secteurs sur lesquels intervient votre futur employeur
  • vivre (ou vouloir vivre) à Casablanca, le coeur de la vie économique du pays, qui concentre quasiment tous les sièges des gros clients du conseil

Dans ce cas, un consultant senior pourra toucher entre vingt et vingt cinq mille dirhams nets la première année, avec en plus un bonus sur objectif. (Ne jamais oublier : au Maroc, on ne parle que de salaire net après charges sociales et impôt sur le revenu). Le salaire d’embauche d’un chef de projet sera compris entre vingt-cinq et trente mille dirhams.

Comment se faire embaucher comme consultant au Maroc quand on est à l’étranger ?

Qu’on ait un passeport marocain et qu’on cherche à rentrer au Maroc, ou bien qu’on soit étranger avec l’envie de partir s’installer au soleil, la principale difficulté reste de trouver les postes intéressants, dans un pays où le recrutement est peu structuré, et où une très grande partie des embauches se fait par réseau, de façon informelle.

D’une manière générale, chercher un travail au Maroc sans y être physiquement est difficile.

LinkedIn est bien sûr un réseau social incontournable, mais (un gros MAIS) le rendement est très faible pour les recruteurs : beaucoup de gens répondent sans correspondre au poste, ce qui génère un « tsunami » de candidatures (comme le décrit cette consultante RH), qui submerge le recruteur. Les groupes marocains sont uniquement des espaces publicitaires, et survivent rarement plus de quelques semaines.

Il existe bien sûr des sites d’annonces en ligne, soit dédiés aux offres d’emploi, comme Rekrute, Bayt, Maroc Emploi, Emploi.ma, soit dans les sections des grands sites d’annonces généralistes comme Avito. Ces annonces sont souvent copiées sur d’autres sites, et les offres de consultant sont minoritaires.

Facebook reste le réseau social incontournable au Maroc. En vous inscrivant à des groupes d’expatriés, vous pouvez avoir des informations et nouer des contacts. Dans la même veine, des forums comme expat.com peuvent être utiles. Oubliez par contre TOTALEMENT les forums de voyageurs.

Les associations d’anciens élèves sont un bon canal, surtout quand elles ont une section spéciale Maroc. Mais même sans cela, elles vous proposent un annuaire où vous pouvez trouver les anciens au Maroc et les contacter.

Demander à tous vos contacts… je connais un consultant qui a trouvé un excellent travail grâce à un CV laissé par sa mère dans un resto…

2 Commentaires
  1. S Wernt

    Le consulting en general est une arnaque. C’est encore plus vrai au Maroc. Il n’y a pas beaucoup qu’un consultant peut vous apporter que vous ne pouvez pas faire vous même surtout quand il s’agit d’une PME. L’internet a rendu l’information accessible.
    Il n’y a pas vraiment de PME sur le marché africain. La plupart sont des entreprises marocaines qui contrôlent les secteurs clés de l’économie.

    • Bernard R.

      Bonjour et merci pour cet avis tout en nuance, factuel et objectif.

      Et pourtant, vous seriez surpris de savoir que moi-même, en tant que consultant, je pense que certaines missions sont effectivement vendues beaucoup « top chères » pour ce qu’elles rapportent.

      Néanmoins, quelques exemples concrets de cas où un consultant peut réellement apporter un plus à une entreprise, même une PME.

      • sélection d’un outil, d’un système d’information : dans son domaine le consultant surveille le marché en permanence, il a expérimenté différents systèmes chez ses clients. Une entreprise, surtout une PME, n’a pas ce savoir accumulé par le consultant
      • mise en place d’un nouveau système, quel que soit le domaine. ça va peut être vous surprendre, mais la gestion de projet, ce qu’on appelle l’AMOA, est un vrai métier, avec un savoir-faire spécifique, qui n’est ni celui du client, ni celui de ceux qui « font ». Ca ne choque personne de faire appel à un architecte pour un suivi de chantier, là c’est la même chose. On peut construire sa maison soi-même, c’est généralement plus long, plus risqué et, pour une entreprise, multiplier les délais par 5 ou 6 est trop couteux.
      • appel à des compétences pointues, spécifiques, pour un besoin ponctuel. Parce que ce besoin est ponctuel, cela ne fait aucun sens pour l’entreprise d’embaucher – et elle aura du mal à séduire un spécialiste
      • mise en forme du savoir faire de l’entreprise, aide à l’analyse, apport d’information d’autres secteurs : c’est le cas pour tout ce qui est conseil en stratégie, par exemple, mais aussi le ré-engeneering des processus. L’entreprise a le savoir de son métier, le consultant a la compétence de l’optimisation.

      Bref, il est idiot d’affirmer « en général » que le consulting est une arnaque. Si c’était le cas, beaucoup moins de chefs d’entreprise, bons gestionnaires, y feraient appel.
      Et quant aux PME… il n’y a pas que des grosses entreprises marocaines ou autres qui investissent en Afrique. Peut-être devriez-vous faire appel à un consultant commercial ?

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