Franck B, haute coiffure à Casablanca

19 Juin 2016 par Marie-Aude

Franck B, haute coiffure à Casablanca

J’ai découvert l’étendue des talents de coiffeur de FranckB quand il a pris soin de ma chevelure martyrisée par le climat du désert et quelques coupes et couleurs « maison ». Comme on y a passé quelques heures, nous avons eu le temps de discuter… et voici donc un nouveau témoignage d’un « nouvel arrivé » au Maroc !

Le salon de coiffure a depuis changé de gérance, nous avons eu plusieurs retours de clients mécontents. Pour info

Bonjour Franck, peux tu te présenter ?

Je fais de la Haute Coiffure, ce qui est l’équivalent – et le pendant – de la Haute Couture. Bien sûr, quand vous venez vous faire coiffer chez moi, vous n’allez pas avoir une coiffure de défilé de mode, mais j’applique au quotidien les mêmes techniques, les mêmes produits de soins que ceux que j’utilise pour des des défilés, des photos de mode ou des salons comme le Cosmet Expo à Marrakech, où j’ai récemment été membre du jury du concours de coiffure.

J’ai été meilleur ouvrier de France en 1997, César de la coiffure en 1998 et j’ai roulé ma bosse et mes brosses dans de nombreux pays : San Francisco, Sydney, Tokyo. J’ai quitté la Réunion, où j’avais quatre salons, pour le Maroc en 2013.

Pourquoi avoir choisi le Maroc ?

J’ai l’habitude de répondre « pourquoi pas », mais en réalité, mon choix était lié à plusieurs choses : à titre personnel, j’avais à la fois envie de me rapprocher physiquement de la France, tout en restant en Afrique. Je cherchais un pays où je pouvais travailler tout en étant proche de la mer, car je suis passionné de surf. Casablanca était donc un lieu idéal. Je peux très rapidement aller surfer ou monter à cheval, tout en étant dans une grande ville moderne.

Professionnellement, la femme marocaine est connue pour prendre beaucoup de soin d’elle, se sa beauté, de ses cheveux. Elle investit un réel budget dans la beauté, à l’inverse de ce qui se passe en Europe. C’est agréable de travailler ici. Casablanca est une ville cosmopolite, comme l’était la Réunion, et c’est un plaisir de pouvoir travailler comme là-bas, différentes sortes de cheveux !

Que veux-tu dire ? Quelles sortes de cheveux ?

Eh bien le cheveu marocain est « très généralement » brun foncé ou noir, et assez épais avec une texture assez grue. Il se rapprocherait du cheveu asiatique s’il était lisse, mais il a aussi une base bouclée. Le cheveu caucasien est souvent beaucoup plus fin. Donc on ne fait pas un brushing de la même façon, par exemple, il faudra beaucoup plus préparer le cheveu marocain au séchoir avant de le mettre en forme.

Tête de femme entourée de longs cheveux noirs

Des cheveux brun foncé, longs et denses

Donc si tu travailles un cheveu caucasien comme un marocain, tu vas le surchauffer, l’abîmer et lui enlever son volume. A l’inverse, un cheveu marocain travaillé comme un cheveu blond et fin ne sera pas mis en forme.

Dans mon salon, je suis amené à travailler toutes sortes de cheveux …. le nappy n’a pas vraiment cours au Maroc !

As-tu des produits spécifiques pour les cheveux marocains ?

Pas réellement, par contre j’utilise des produits de qualité, en particulier des teintures bio qui n’abîment pas le cheveux. Souvent, quand une nouvelle cliente arrive, il faut commencer par « décaper » les précédentes couleurs, et retrouver une base saine sur laquelle on pourra ensuite travailler. C’est un processus qui peut être agressif, surtout sur des cheveux déjà beaucoup traités.

J’ai donc choisi des produits respectueux du cheveu, en particulier la gamme Fibreplex, de Schwartzkopf.  C’est une véritable « tuerie » qui protège le cheveux en toute circonstance, qu’on fasse une coloration, une décoloration, un balayage ou flash ombré.

D’ailleurs, ce qui est bon pour les cheveux de la cliente est aussi bon pour le coiffeur… nous sommes en permanence en contact avec les produits, quand ils sont trop agressifs notre santé en souffre aussi. Je suis donc un peu égoïste !

Tu proposes aussi des soins esthétiques ?

Oui, bien sûr. C’est tellement bien de se faire faire une manucure pendant que la couleur pose ! Comme pour les cheveux, je travaille avec des produits de grande qualité. J’ai un salon à l’étage, où tu peux te faire maquiller, recevoir un soin.

En particulier, je suis le seul au Maroc à proposer un modelage (une sorte de massage facial) avec la gamme Gemmologie, comme son nom l’indique elle est à base de pierres précieuses (diamant, saphir, jade et émeraudes). Un seul biologiste au monde dispose du brevet pour extraire les oligo-éléments de ces pierres précieuses.

Ce n’est pas simplement du luxe pour le plaisir du luxe. Les oligo-éléments de naissance se régénèrent jusque vers 25-30 ans, ensuite ils commencent à disparaître, la peau se relâche et les premières rides apparaissent. Or les oligo-éléments extraits de ces pierres précieuses sont tout simplement beaucoup plus efficaces que les autres.

Trois concentrés gemmologie

Les concentrés gemmologie, avec les pierres utilisées pour le modelage

Quels sont ton pire et ton meilleur souvenir, l’année de ton installation ?

Le pire souvenir : comme je suis arrivé deux ans avant d’ouvrir mon salon, je préfère te parler de l’année 2015 et des travaux ! Tout le monde le dit, tu le dis sur ton site, il faut être là en permanence. Simplement on ne se rend pas compte de ce que cela veut dire. L’aménagement du salon a été une suite de galères qui s’est étalée sur plus de six mois au lieu des six semaines prévues à l’origine.

Par exemple, j’avais choisi une très jolie peinture, claire avec des paillettes. Je pars trois jours, je reviens, j’avais une peinture sans paillettes. Et surtout, le peintre me dit « on met les paillettes après ». Je passe sur le nuancier qu’il avait brusquement perdu. Le fond de l’histoire : la peinture à paillettes était plus chère (bien sûr) et il s’était trompé dans son devis, il a essayé de se rattraper comme ça.

Ou bien on me monte un faux plafond qui n’était pas demandé, un mur au rez-de-chaussée alors qu’il était prévu au premier étage, pour la cabine d’esthétique. Le maçon s’était juste « trompé de plan », et je n’avais plus la place pour les bacs à shampoing !

Ou bien le fournisseur qui me demande un chèque d’acompte de 50% pour acheter la matière, et qui disparait. Le chèque avait été encaissé par une personne qui était de sa famille, car le fournisseur m’avait raconté que sa société était en cours de validation…. (Oui, sur les travaux, j’avoue, j’ai été un peu Marcel)

Mais finalement, j’ai fini les travaux, en partie avec la participation de mon voiturier, pour pouvoir ouvrir à temps, et je suis très content de mon ambiance « quand la France rencontre le Maroc« .

Le meilleur souvenir : la découverte de mon spot de surf préféré, à proximité de Casablanca. Un vrai bonheur et un ressourcement ! Sinon, dans les bons souvenirs, aussi, la facilité pour créer une société, bien différent de ce qui se passe en France.

Le paragraphe est beaucoup plus court que le précédent… mais les bons souvenirs l’emportent !

Une tête de femme avec de longs cheveux blonds

Haute coiffure sur cheveux blonds… naturels ou décolorés ?

Et être français à Casablanca, c’est comment ?

C’est comme un peu partout dans le monde, à la fois tu te sens bien et tu te sens étranger, le plus difficile c’est de t’adapter aux coutumes locales… mais quand tu as déjà vécu dans plusieurs pays, c’est plus simple.
Certaines choses m’ont beaucoup surpris, par exemple les marocaines n’aiment pas du tout les reflets roux ou cuivrés dans les cheveux, c’est une exception dans le monde de la coiffure. Ou bien la tendance qu’ont les clientes à tout négocier, même quand tu as déjà fait une promo. Mais tu t’habitues, et puis c’est surtout le petit geste qui compte pour elles.

Je pense aussi qu’être français à Casa, c’est totalement différent de être français à Marrakech ou dans un petit bled. Casa est une grande ville cosmopolite, on y rencontre toutes les nationalités, on n’y vit pas vraiment du tourisme. Les français sont des étrangers comme les autres, juste un peu plus nombreux en proportion.

Si tu devais donner cinq conseils à quelqu’un qui veut s’installer maintenant, ce serait lesquels ?

  1. Faire très attention à tous les aspects juridiques, les lois françaises sont différentes des lois marocaines, on peut se laisser prendre par la similitude globale, mais il faut vraiment vérifier tous les points
  2. Si on loue un local professionnel, savoir que la majorité des baux ici sont des baux précaires, cela prend du temps de trouver un 3 x 6 x 9
  3. Être présent chaque minute quand on fait des travaux
  4. Prendre le temps de bien étudier le marché avant de créer son entreprise, soit avec des voyages avant, soit, comme moi, en ayant un travail « d’attente »
  5. Enjoy !

 

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4 Commentaires
  1. Catalan

    Bonjour
    A quand l’ouverture d’un de vos salons à Marrakech car
    Ici il y en a beaucoup mais nous n’avons pas beaucoup
    De qualité.
    Moi qui vis à Marrakech ça me manque beaucoup !!!

  2. FranckB

    Bonjour Catalan, c’est prévu dans le courant de l’année prochaine ! Si vous voulez, je vous enverrai un mail pour vous prévenir !

  3. Bouchra

    Une gérante fantôme qu’on ne voit jamais et qui traite les demandes que par téléphone.
    Salon avec un très mauvais management sans provisions et avec des produits non adaptés pour tous les types de cheveux.
    Une très mauvaise prise en charge en cas d’insatisfaction client, pas de solutions adaptées, mais que des ultimatums.
    En tout cas, celui de casablanca est à éviter à tout prix.

    • Marie-Aude

      Oui, effectivement, la gérance a changé. Merci de nous l’avoir signalé, nous allons mettre un avertissement sur l’article.

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