Marcel négocie avec le Roi du Maroc

31 Août 2015 par Marie-Aude

Marcel négocie avec le Roi du Maroc

Je suis désolée de revenir encore sur cette histoire, mais après tout, c’est l’actualité franco-marocaine du moment…

Au-delà la culpabilité ou de l’innocence des deux journalistes, elle est révélatrice, dans ses mécanismes, d’un mépris profond d’une certaine « élite intellectuelle » pour le Maroc actuel et pour l’action du roi Mohammed VI.

Mépris lié à une incompréhension ou à un refus de prendre en compte une différence « culturelle » profonde, c’est pour cela que j’ai finalement décidé de refaire un article, dont le sujet est plus large que la simple affaire. En effet, nombreux sont les journalistes qui jugent le Maroc comme s’il était un pays européen, ou qui se limitent à « Casa -Rabat – Marrakech » et à des statistiques pour le déchiffrer, ce qui donne une vision partielle, donc fausse.

Catherine Laurent et Eric Graciet : un certain mépris pour le Maroc

J’ai lu ce week-end « Le Roi Prédateur« , le livre écrit par les deux journalistes en 2012, comme pour le livre de Catherine Graciet et Nicolas Beau (« Quand le Maroc sera islamiste« ), j’ai eu l’impression qu’ils parlaient d’une autre planète.

Soudainement, un petit détail est venu cristalliser tout cela, ce malaise, cette sensation qu’on parle d’autre chose, qu’ils ne comprennent pas, qu’ils ont leurs lunettes d’intellectuels démocrates français, armés de la Révolution de 1789 qui va apporter les Droits de l’Homme au monde entier, pendant que la statue de la liberté américaine, fabriquée par un sculpteur français, l’éclaire.

 

 

Et cette espèce de blocage profond, viscéral, qui empêche d’admettre que ces Droits de l’Homme, dans la manière dont l’Occident veut les mettre en oeuvre, ne sont pas si universels que cela.

Le détail : la ponctualité est n’est pas la politesse des rois

De nombreuses pages sont consacrées à l’attente imposée par Hassan II puis par Mohammed VI aux gens qui doivent les rencontrer, expliquant, entre autres, qu’elle est un signe de la faveur royale quand elle est courte et que, par contre, au-delà de deux heures, elle est un signe – proportionnel – du mécontentement et de la disgrâce.

Ce qui est très certainement vrai.

Mais…

Ce qui nous est difficilement supportable, le manque de ponctualité, se pratique tous les jours au Maroc, la seule chose sur laquelle le marocain est frénétiquement ponctuel étant l’heure de début et de fin du jeûne pendant Ramadan ! La ponctualité s’installe dans le monde des affaires, parce qu’on fait aussi du business avec les étrangers, parce que c’est bien pratique, elle reste fantaisiste dans la vie privée.

Un exemple ?

Il y a quinze jours, plusieurs membres de notre famille sont venus passer quelques jours en vacances à El Jadida. « Plusieurs membres » à la marocaine, cela représente un groupe d’une vingtaine de personnes, qui s’étaient donc réparties dans deux appartements.

Il a été décidé, avant leur départ, de faire un dîner commun, rendez-vous pris à 20 heures, pour finir tôt, ils avaient de la route à faire le lendemain.

Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais finalement, le départ a été donné à 22 heures. Nous nous sommes retrouvés au restaurant à minuit, pour rentrer chez nous deux heures après.

Dans ces cas-là, je râle profondément, dans mon petto le plus intime. Pendant que nous attendions dans la voiture, à un moment, je pose une question à mon mari, pour essayer de le sonder, sur le thème « mais bon, c’est pas un peu impoli tout ça ? »

La réponse a été

Mais c’est la famille, et puis ils en feraient autant pour nous.

Et toc, tu remballes ton dressage allemand, où être à l’heure c’est avoir cinq minutes d’avance, et tout ce qu’on t’as appris pendant ton enfance, genre « la politesse des rois et tout ça ».

Et toc, tu te rappelles que les marocains disent toujours en parlant des français :

Vous vous avez l’heure, nous nous avons le temps

Et que cela correspond à une réalité culturelle profonde.

Donc, oui, très certainement, les rois du Maroc utilisent l’attente pour passer des messages.

Mais apprécier cette « attente » en dehors de sa culture, c’est se planter totalement.

Par contre, les marocains savent très bien que les européens sont ponctuels. Nous, nous avons donc intérêt à être à l’heure

Un livre à charge, plein de mépris pour le roi

Le portrait fait du roi dans ce livre est tout sauf journalistique.

C’est à dire, tout sauf objectif. C’est un livre militant qui, sous couvert d’un « angle » (les affaires au Maroc), passe totalement sous silence tout les aspects positifs du règne de Mohammed VI, bien embêtés d’être obligés de reconnaître, au détour d’une histoire, que plus de 90% des marocains sont satisfaits de leur roi.

Photo d'Eric Laurent

Eric Laurent, source le 360

Le roi y est présenté comme une personne beaucoup moins douée intellectuellement que son père, complètement coupée du monde par sa cour, ne connaissant pas son pays et se désintéressant totalement de la politique, concentré uniquement sur les affaires et son enrichissement personnel.

C’est d’ailleurs parce qu’on y parle beaucoup d’Hassan II que je vous ai mis quelques vidéos… et parce que les marocains s’y réfèrent souvent.

(Hassan II avait certainement plus de charisme et plus de plaisir à parler en public que Mohammed VI, cela ne fait pas de ce dernier un mauvais roi.)

Tout y est présenté à charge.

Par exemple, lors du printemps arabe, le roi a mené une très belle valse à trois temps, affirmant dans un premier temps qu’il ne céderait absolument rien sous la contrainte, puis, quelques jours après et avant d’y être « obligé » par la rue, en annonçant un calendrier pour une réforme constitutionnelle. Façon subtile de surfer sur la vague et de l’infléchir peu à peu. Mais présenté par les journalistes comme une preuve de son indécision et de son manque de caractère…

La façon dont le Maroc a pris peu à peu son autonomie par rapport à la France, tout en s’arrangeant pour toucher des aides et des financements impressionnants, développant sa présence en Afrique et rééquilibrant ses partenariats avec les pays arabes et avec d’autres pays (l’Angleterre par exemple), y est présentée comme une mauvaise vision économique, pire, une sorte d’insolence et d’affront fait à la France.

C’est très amusant de voir des journalistes « de gauche » se prendre les pieds dans le tapis du néo-colonialisme.

Ce mépris est-il allé jusqu’à croire qu’ils pouvaient, réellement, être payés par le Roi ?

Oublions un instant l’accusation de « chantage », le problème de savoir qui a tendu la perche à l’autre en premier.

Eric Laurent a reconnu avoir négocié.

Je trouve qu’il y a là un énorme mépris. Envers la personne, envers le « Palais », envers la politique affichée par le Maroc de lutte contre la corruption.

Prenons deux hypothèses opposées.

C’est Eric Laurent qui est à l’origine de la « négociation »

et donc du chantage, là il faut être clair.

Donc un journaliste qui a pondu un livre où il traite, en gros, le roi du Maroc de marionnette avide, avare et imbécile, un livre où, en même temps, il raconte les intrigues du Palais et les coups de Jarnac du monde politique marocain, s’imagine un instant que le roi va accepter de payer la coquette somme de trois millions d’euros, sans broncher, sans chercher à le piéger, sans chercher à tirer sa revanche.

« Si » le portrait fait du Roi par Eric Laurent est exact, alors, honnêtement, c’est la dernière personne sur terre que j’essayerais de faire chanter. Eric Laurent a négocié en prenant réellement le roi pour un imbécile

C’est le Palais qui est à l’origine de la négociation

Et là, d’une certaine façon, c’est encore pire. Ne pas flairer le piège ? Tomber dans le panneau ? Se croire suffisamment important, intelligent, pour être protégé et échapper au sort des Oudghiri et autres disgraciés ?

Imaginer que l’offre est sincère, qu’on va s’en tirer mieux que tous les grands fonctionnaires, commis d’états, hommes d’affaires, polytechniciens dont on a raconté les déboires, c’est avoir les chevilles un peu enflées… et c’est comme cela que l’on devient un Marcel. Même en France…

La question : les français peuvent-ils s’intégrer au Maroc ?

Question provocatrice, mais pas tant que cela, et qui fait écho à une déclaration célèbre de Hassan II expliquant que les marocains ne pouvaient pas s’intégrer réellement en France, et qu’il ne le souhaitait pas. (On peut discuter sur le fond, il est aujourd’hui évident que, pour un faisceau de causes complexes, l’intégration se fait beaucoup plus lentement qu’avec les migrations européennes. Ce qui ne veut pas dire du tout qu’elle ne se fait pas)

 

 

Car des exemples d’incompréhension culturelle, j’en ai à la pelle…

Comme ces affaires de français faisant des chèques sans provisions, découvrant qu’au Maroc, à l’époque, c’était la case prison directe, et s’indignant que leur consulat ne fasse rien pour eux… (je parle là de véritables chèques sans provisions, pas de sombres histoires plus complexes).

Ou comme ce commentateur qui, aujourd’hui, sur le blog, a voulu faire de l’humour (et si c’était de l’humour… je lui conseille de faire attention, les marocains sont dépourvus de second degré !) en déniant au Maroc la capacité d’avoir son propre code de la route :

code de la route MAROCAIN…- marocain ?…moi qui pensais que le code était international, hahaha !

Ou encore, tous ces français qui oublient que l’immense majorité des marocains est musulmane, pratiquante sans contrainte, à sa façon, et qui accueillent avec un mépris incroyable l’information qu’il existe des musulmanes féministes et voilées…

Si on prend l’histoire des chèques sans provision, la prison apparait choquante. Mais depuis la suppression de la contrainte par corps, le nombre de chèques sans provision a explosé, littéralement. La sanction était donc bien adaptée au pays.

Les français peuvent bien vivre au Maroc. S’ils veulent vivre avec des marocains, en dehors d’un cercle d’expat, cela implique un gros travail d’adaptation culturelle, une grande ouverture d’esprit et une humilité réelle pour accepter que « nos » solutions, « nos » façons de faire ne sont pas obligatoirement celles que les marocains souhaitent, et que cela ne fait pas d’eux des idiots ou des sous-développés. C’est d’autant plus vrais pour les français que nous sommes les anciens colons.

J’ai eu beaucoup de discussions sérieuses avec mon mari, j’ai parfois toujours du mal à comprendre son point de vue, tellement il me paraît évident « qu’il faut faire comme ça ». Je me suis adaptée. Je ne suis plus vraiment française, je ne serai jamais marocaine. C’est ainsi, et c’est comme cela qu’Edward Saïd définissait l’expatriation : à un moment, on n’appartient plus à aucun pays.

Il est tout à fait possible de s’adapter au Maroc, possible de s’intégrer dans des cercles marocains. Quasiment impossible de s’intégrer réellement « aux Marocs » tellement ce pays est pluriel.

Et une chose est sûre : prendre les marocains pour des cons, qu’ils soient le Roi ou un simple gardien de riad, c’est le meilleur moyen de se faire marcelliser.

10 Commentaires
  1. Hélène

    Bravo Marie-Aude. Et les derniers paragraphes me parlent totalement, tellement ils sont le reflet de ce que je ressens.
    Merci pour cet article

  2. Griet

    Vous avez tout à fait raison.

  3. Elkhader

    Bonjour,

    Article finement pensé et judicieusement écrit

    J’adore, entre autre, le rebondissement sur le personnage de Marcel :)

  4. CED

    Bonjour,

    Bravo pour votre article tellement vrai
    bien tourné
    ced

  5. El Marrakchi66

    Bonsoir Marie-Aude, et la communauté,

    …avant d’aller plus loin et commenter votre article sur son fond, je veux juste préciser que « …ce commentateur qui, aujourd’hui, sur le blog, a voulu faire de l’humour, etc… » c’est moi !…et mon propos auquel il est fait allusion, que vous classez parmi les « …exemples d’incompréhension culturelle  » !!??

    – et j’en ris, ahahah..car de votre part cela dénote une belle incompréhension des 2 commentaires que j’ai pu écrire suite à vos articles, comme quoi, hein !?,  » on  » peut vouloir disserter et donner des leçons de compréhension sur le pays d’accueil et ses habitants, et mal comprendre un compatriote,  » nul n’est prophère en son pays !  »

    , même pas en terre d’islam, et surtout quand le pays n’est pas sien!  »

    -, mais donc mon propos est à prendre au sérieux, en partie, car le Maroc est signataire – sauf erreur de ma part ! – de  » la Convention de Vienne sur la signalisation routière sur la circulation routière  » qui régit au niveau international les bases élémentaires de la conduite d’un véhicule, sensées être appliquées dans les pays signataires ;

    donc voilà pour l’aspect  » international « , et, bien sûr je fais de l’humour que vous classerez au 2ème ou 3ème degré ou plus encore quand je m’étonne du code de la route spécifiquement marocain, puisque le Maroc – comme d’autres pays signataires d’ailleurs – a rajouté des modifications par sa loi  » n° 52-05  » qui de facto annulent en partie la ratification de la Convention et rendent réellement obligatoire de réapprendre à conduire ici !…

    permettez-moi de mentionner cette réglementation ubuesque des ronds-points, pour le moins déconcertante quand on vient non pas seulement de  » notre chère France  » mais d’un quelconque pays européen, je corrige,  » d’un quelconque pays de la Communauté Européenne  » !…

    …cela dit, oui peut-être que les marocains ne connaissent pas l’humour au second degré, mais ce n’est pas le seul  » peuple », ou le seul pays dans ce cas, mais cependant ils ont un humour bien à eux tant ce que dit un Sage de mes amis est vrai  » l’humour c’est comme une langue étrangère, pas compréhensible par tous, mais hélas il n’existe ni  » Méthode Assimil  » ni cours spécialisé pour l’apprendre !  »

    …vous conseillez  » ce commentateur  » (moi) et vous semblez le mettre en garde, mais en garde contre quoi ?…je n’ai pas la crainte de me faire égorger, ou sans aller jusqu’à cet extrême même pas l’appréhension qu’on puisse faire un geste physique violent à mon encontre, parce que JE CROIS très humblement connaître et comprendre la mentalité de mes  » concitoyens  » !

    …pour l’anecdote, à un policier urbain qui m’avait arrêté j’ai fait cette même réflexion en substance, en m’étonnant justement d’une particularité sur les règles de circulation que j’ignorais ;  » nul n’est sensé ignorer la loi « , mais après discussion j’ai fait valoir ma bonne foi et semble-t-il ma bonne cause, et peut-être n’avait-il pas l’humour au 2ème ou 3ème sous-sol ou étage mais en tout cas de la compréhension, oui il en a fait preuve !…

    Bien, revenons au corps du texte : je voudrais vous reprendre sur un point, lorsque vous dites, – ou peut-être rapportez-vous les propos des journalistes ? ce n’est pas très clair pour moi – « …plus de 90% des marocains sont satisfaits de leur roi. » ; vous qui êtes à mon sens toujours exacte dans vos avis, au mien d’avis vous vous trompez, enfin non, vous ne vous trompez pas mais vous omettez de préciser le  » pourquoi  » de cette haute satisfaction.

    Je pense qu’il y a 3 raisons :

    1) la première de toutes c’est que le roi, quel qu’il soit, avant d’être vu et perçu comme le dirigeant du pays est la représentation charnelle et matérielle du Prophète, et ce n’est donc pas l’individu que les marocains aiment voire adorent pour certains, mais une icône vivante !…

    2) de ce fait pour la grande majorité des marocains – mais pas tous -, aucun de ses actes, que ce soit la politique totalitariste et répressive de Hassan II ou l’enrichissement personnel de Mohamed VI pour ne citer que des exemples connus, ne peut être discuté et encore moins jugé puisque le roi tient sa légitimité de Dieu, et que seul Dieu peut le juger, et il ne viendrait à l’esprit de personne ou presque, de penser que Dieu insuffle des notions de mal au représentant de son prophète…

    3) et enfin la société marocaine outre qu’elle est profondément religieuse par essence – un de vos articles en parle, et on se raccroche au point 2) -, a contrario est très peu politisée, le pays découvre  » la démocratie  » depuis une bonne décennie seulement et les notions de  » classes sociales « ,  » droits de regard du citoyen et participation à la vie du pays « , etc, sont des inconnues totales, exceptés pour une petite minorité – il n’est qu’à voir et entendre le battage médiatique fait pour les élections communales et régionales prochaines !- et de ces 3 points découle ce que vous avez mis en gras – et je le répète, j’ignore si c’est votre opinion ou des propos rapportés.

    Et enfin, pour traiter le sujet même de la tentative de chantage, cela me paraît tellement gros, tellement surréaliste dans le vrai sens du terme, que je me demande franchement si ce n’est pas là un coup médiatique finement pensé par le Palais et l’Élysée pour capter et détourner ailleurs l’attention du Si Mohamed marocain et du Marcel français, surtout lui, alors que pendant ce temps se trame ou se déroule déjà quelque chose de beaucoup moins glorieux pour les deux pays !??…nous ne sommes ni dans le secret des dieux ni des rois, ni des présidents de la République,…mais nous verrons bien !…
    Cordialement,

  6. Marie-Aude

    Bonjour

    je vais juste vous répondre sur deux points, et rajouter une demande.

    Par pitié, essayez d’être lisible. Je viens de passer un bon moment à essayer de rendre votre commentaire moins touffu, moins « énorme pavé illisible ».

    Quand on écrit sur un blog, encore plus dans les commentaires où il y a moins de possibilités de mettre en forme, il est sympathique pour ceux qui essayent de vous lire :

    1- de faire des retours à la ligne fréquents, avec des espaces
    2- d’essayer de faire des phrases courtes, qui tiennent sur deux ou trois lignes
    3- de ne pas abuser des signes de ponctuations en multiples exemplaires

    Tout ceci rend la lecture extrêmement pénible.

    En ce qui concerne l’humour

    Je maintiens ce que j’ai écrit. Ce qui peut passer à l’oral, dans le cadre d’une conversation, ne passera pas à l’écrit, hors contexte.

    Par ailleurs, toujours dans le domaine du code de la route, vous pourrez expliquer aux américains, aux canadiens, par exemple, que le mode d’utilisation des rond-points au Maroc est aberrant. Il y a des particularités à chaque pays, j’ai des amis américains qui ont eu, de la même façon, à réapprendre à conduire en venant en France.

    Le Maroc n’a aucune autre raison que son statut d’ancienne colonie d’appliquer un code de la route marocain

    Beaucoup plus grave, en ce qui concerne votre explication concernant le roi, il y a une énorme soupe par rapport à ce que dit l’Islam, et je vous conseillerais de demander quelques explications à votre fiancée ou à l’imam, si elle ne peut pas vous les donner.

    Non, le Roi n’est PAS la représentation charnelle et matérielle du Prophète

    C’est, vis-à-vis de l’Islam qui interdit, justement, toute représentation du Prophète, une hérésie grave de dire cela. Le Roi est un descendant du Prophète, ce qui lui confère une certaine baraka, un pouvoir de Dieu qui s’exerce par son intermédiaire, dont il n’est même pas le détenteur.

    Cela fait aussi de lui un Chorfa. Mais pas une « représentation ». Les chorfas sont des milliers, au Maroc.

    Quand vous dites ne peut être discuté et encore moins jugé puisque le roi tient sa légitimité de Dieu, et que seul Dieu peut le juger vous confondez avec les rois de France. Pour un musulman, tout vient de Dieu, c’est Dieu qui donne tout. En ce sens, le pouvoir qu’avait Saddam Hussein aussi venait de Dieu.

    En réalité, la légitimité du Roi vient :
    1- de sa nomination par Hassan II comme héritier avant sa mort
    2- de sa confirmation par le conseil des oulemas après la mort de Hassan II

    Si cette confirmation peut sembler une formalité aux yeux des européens, elle est essentielle, lourde de sens et de symbolisme, car elle correspond à la tradition marocaine où le sultan était nommé par les oulémas, donc par le pouvoir religieux. (et pas par Dieu)

    Quant au titre de « Commandeur des Croyants », là aussi, il a ses racines dans l’histoire du Maroc, dans le rôle qu’on joué les différentes dynasties, dans le fait que le Maroc n’a jamais été soumis au califat ottoman et que, très vite après l’Hégire, on a cessé de faire la prière au nom de Damas (c’est à dire de se soumettre aux Omeyades).

    Il n’y a pas, et il n’y aura jamais, pour un musulman sunnite, de représentant du Prophète. Il y aura, à la fin des temps, une réincarnation, le Mahdi. C’est tout. Et si le roi envisageait un instant de se faire passer pour le représentant du Prophète, il aurait de très, très gros problèmes.

  7. El Marrakchi66

    Bonsoir Marie-Aude,

    À mon tour de faire des remarques sur votre intervention :
    1 – c’est très bien, vous avez fait un excellent travail de mise en page, rien à dire, c’est clair, lisible, aéré ; mais après tout ce n’est là qu’une application de votre quotidien professionnel, n’est-ce pas ?…ce n’est hélas pas le mien mais je vais m’efforcer de m’en inspirer pour plaire à mon éventuel lectorat, et si le fond ne l’accroche pas, au moins la forme le fera, inchaallah !…

    2 – et pour en revenir et terminer avec votre commentaire sur mon trait d’humour, j’aime bien votre petit rajout « …hors contexte. ». Parbleu, tout propos sans son contexte est susceptible d’être interprété différemment de la pensée première de son auteur.

    3 – quant aux spécificités du code de la route marocain j’ai dit ce que j’en pensais, je ne prétends pas refuser de l’observer et encore moins vouloir l’expliquer à des Américains ou Canadiens ayant transité au préalable par la France, les pauvres. Mais je constate que vous employez la même locution verbale que moi en parlant de vos amis :  » réapprendre à conduire  » ; et là est le réel problème, alors que certains permis de conduire sont dit  » internationaux  » et reconnus comme valables dans certains pays, les règles à observer pour se servir dudit permis dans ces mêmes pays, elles, ne le sont pas !

    4 – pourquoi à la suite et toujours au sujet du code de la route rajoutez-vous cette affirmation en gras ? Ai-je fait ne serait-ce qu’un début d’allusion à l’ancienne situation politico-administrative du Maroc ?…non, et même pas dans ma pensée bien au contraire. N’assimilez pas tous les français à votre Marcel s’il vous plaît, ou en tout cas pas moi sur ce point, car vous vous tromperez lourdement !

    5 – passons à beaucoup plus sérieux : non encore, je ne fais pas de soupe avec ce que dit l’islam et je n’ai besoin de demander à quiconque de m’expliquer à nouveau ce que je crois savoir, entre autres choses que toute représentation de créature vivante, animale ou humaine est  » hallal  » et à fortiori donner corps et visage humain au Prophète ou au dieu. Peut-être me suis-je mal exprimé ici par mes mots, je l’admets lorsque j’écris  » le roi [] est la représentation charnelle et matérielle du Prophète… », toutefois ce n’est pas sur l’expression  » CHARNELLE et MATÉRIELLE  » qu’il faut s’arrêter, mais bien plus sur le fait que le roi est LA REPRÉSENTATION du Prophète.
    Vous me reprenez également sur ce mot de  » représentation « , le roi étant un  » chorfa  » parmi d’autres dites-vous et je ne vais pas engager une discussion ni théologique ni lexicale ; toutefois si la comparaison m’est permise avec la religion catholique, je dirais que le pape est la représentation suprême terrestre de Dieu par filiation spirituelle et le roi du Maroc est la représentation – même si ce mot vous déplaît – de Mahomet par filiation génétique réelle. In fine vous affirmez ce qu’était ma pensée et la preuve en est qu’une fois encore vous voulez corriger mes propos en écrivant, et je vous cite : «  » » Quand vous dites « – ne peut être discuté et encore moins jugé puisque le roi tient sa légitimité de Dieu, et que seul Dieu peut le juger – » vous confondez avec les rois de France. » » », mais de suite après vous énoncez  » Pour un musulman, tout vient de Dieu, c’est Dieu qui donne tout. En ce sens, le pouvoir qu’avait Saddam Hussein aussi venait de Dieu. ». Je passe sur la comparaison malheureuse avec Sadam Husseim, et je vous demande où est la différence, Marie-Aude ?…de qui le roi tient sa légitimité ?…je dis de Dieu / Allah, et que Dieu seul peut juger les actes du roi, et vous vous dites que Dieu donne tout, donc peut tout reprendre ; oui, où est la différence à part dans les mots employés ?

    Vous rajoutez que le roi tient sa légitimité du Conseil des oulémas qui confirme sa nomination par son prédécesseur – et nous parlons d’un cadre général, pas spécifiquement de SM Mohamed VI -, Mais dois-je préciser que sur le plan de leur pure fonction les oulémas ne sont qu’une référence de La Connaissance en matière religieuse, en quelque sorte les garants du dogme et qu’ils sont reconnus à ce titre PAR le roi, mais surtout nommés et officialisés par lui ? Et là encore je reprends ma comparaison précédente avec le pape : si les oulémas sont les représentants du pouvoir religieux qui confirme le nouveau monarque après qu’ils aient été nommés par son prédécesseur, le pape est également nommé et reconnu par le pouvoir religieux catholique, les cardinaux, qui eux-mêmes sont nommés par le pape antérieur ; bref, tout le monde coopte. Aussi, sans vouloir offusquer qui que ce soit et au vu de ce que je viens de dire, je pose la question : est-ce que le Conseil des oulémas a réellement le pouvoir de s’opposer à la nomination du roi, peuvent-ils réellement refuser d’entériner le choix du monarque « décideur », tant c’est un acte à mon sens avant tout d’ordre successoral monarchique plus que spirituel ? Et puisque vous évoquez le rôle des oulémas en précisant que c’est LA tradition marocaine, je rajoute et corrige qu’à ce sujet il y a eu au Maroc un mélange des genres et des titres avec l’appellation « sultan » antérieure à « roi » ; car un sultan stricto sensu n’exerce qu’un pouvoir temporel de commandement, d’autorité ou de souveraineté sur un territoire au sein d’une hiérarchie dont il peut être le chef suprême, mais pas obligatoirement ; un calife quant à lui, exerce tout le pouvoir, le spirituel mais aussi le temporel, le « commandant des âmes et des armes ! » si l’on peut dire.

    6 – toujours à propos du Roi du Maroc, je ne sais pas pourquoi vous mentionnez ici le titre de « Commandeur des Croyants », mais lorsque vous écrivez tout ce qui suit, je pense avec tout le respect que je vous dois et dont vous n’avez pas fait montre à mon égard, que cette fois c’est vous qui faites une belle soupe entre les événements et les époques, car le fait de dire « (qu’il), là aussi, il a ses racines dans l’histoire du Maroc,…» est faux, et je me permets de (vous) rappeler que :

    1) « l’histoire d’un pays » sous-entend celle d’un pays-état ou pays-nation et que dans le cas du Maroc en tant que tel son histoire est récente.

    2) Vous évoquez les différentes dynasties ayant régné sur le Maroc pour justifier la titulature de « Commandeur des Croyants », or le titre de « Commandeur des Croyants » n’est pas une exclusivité du souverain marocain – quel qu’il soit ou ait été -, puisque « Amir Al Mouminine » désigne les 4 premiers califes qui vont succéder au Prophète dès 632 de l’ère chrétienne. Cette appellation n’est donc pas du tout liée à l’histoire marocaine comme vous semblez l’affirmer. Pour preuve, ailleurs dans le monde musulman d’autres « Commandeur des Croyants » ont existé (ce titre est repris sous le règne des Abbassides – cf infra), ou ont la prétention d’exister.

    3) la dynastie régnante actuelle des Alaouites n’est sur le trône que depuis 1666, sans prendre en compte l’interruption des 45 années du Protectorat pendant lesquelles de facto la monarchie marocaine ne joue qu’un rôle symbolique de « représentativité nationale »…

    4) mais surtout ce qui me paraît très important ici c’est que SI les divers Sultans puis Rois du Maroc – appellation officielle à partir de Mohamed V – se sont déclarés descendants du Prophète par la filiation avec Ali, et par là même la titulature de « Commandeur des Croyants » pourrait être justifiée, AUCUN D’ENTRE EUX n’a jamais été désigné ainsi avant Hassan II, et pour cause puisque c’est expressément pour lui que ce titre purement honorifique a été repris et inscrit dans la Constitution de 1958 (article 19), à des fins et pour des objectifs plus symboliques que réellement représentatifs d’un pouvoir spirituel !…

    Mais encore, pour en revenir aux différentes dynasties, je dresse rapidement un ordre chronologique raisonnable et cohérent applicable à TOUT le monde islamique et pas seulement sur ce qui n’était pas encore le Maroc, et parallèlement je précise un point qui me paraît extrêmement intéressant : les origines ethniques des « familles » :

    – à partir de 632 et après la mort du Prophète Muhammad se succèdent 4 califes dont Abou Bakr est le premier ; tout comme Muhammad ils appartiennent à la famille de Hachim – les Hachémites, Arabes de la Péninsule -, de la tribu des Quraychites, et ils restèrent à Médine…

    – puis à partir de 661 ce sont les Omeyyades, eux aussi Quraychites qui récupèrent le titre de calife et « donnent naissance » à leur dynastie dont le siège sera Damas ; on est donc là 30 ans après le 1er calife et presque 40 ans années après l’Hégire, la notion de « très vite » comme vous l’employez est bien relative…
    …et ici je vous pose une question, Marie-Aude : si « on » – et je comprends par là le peuple de fidèles « marocains » de l’époque vu que le thème porte sur le Maroc – a cessé de faire la prière au nom de Damas (c’est à dire de se soumettre aux Omeyades) »(sic), alors qui représentait le pouvoir spirituel à partir de cette date pour les croyants du Maghrib al Aqsa ?…j’ai eu beau lire et relire ce que furent mes bases d’enseignement de l’islam je ne trouve pas de référence à une autre entité, famille ou branche religieuse dans le monde musulman qui eut fait doublon ou substitution !…y aurait-il eu le vide d’une voix / voie religieuse ?…
    La Chrétienté a connu ce problème de scission interne avec le Grand Schisme d’Occident mais la parole spirirtuelle a continué à se faire entendre par l’intermédiaire des deux papes contemporains et  » rivaux « …

    – en 750 vinrent les Abbassides – Arabes de la Péninsule – qui instaurent leur califat avec Bagdad comme capitale ; ils règnent sur le monde de l’Islam jusqu’en 1258 bien que de fait leur autorité politique et religieuse ait été contestée dès l’an mil environ…

    – entretemps (+/- 790) à l’ouest du Maghreb avec Idriss Ier – Arabe originaire de la Péninsule Arabique, et de rite chiite – se créé le Royaume des Idrissides, première entité géo-politique et administrative dont le territoire correspondait peu ou prou au Maroc actuel, avec toutefois des régions enclavées mais échappant au contrôle direct. Fait important ici, il n’est plus question de pouvoir religieux mais d’une « organisation humaine » militaire et administrative sur un territoire bien déterminé, mais cependant bien que le Royaume n’a existé que durant 2 siècles (=> 985) il est considéré comme le noyau du futur Maroc et son fondateur Idriss 1er, qui comme mentionné était chiite à son arrivée au Maghrib al Aqsa, a laissé une trace majeure dans l’histoire religieuse du Maroc contemporain : l’instauration de la branche sunnite. En effet à cette époque plusieurs courants partageaient la communauté musulmane avec les chiites, les kharijites et d’autres mouvements minoritaires pratiquant un syncrétisme religieux comme les Berghouata…

    – 985 : le dernier prince héritier des Idrissides, en exil depuis 974 est assassiné sur ordre des omeyyades : le Royaume des Idrissides est récupéré par le Califat Omeyyade de Cordoue auquel il est rattaché administrativement : c’est la fin de la période « marocaine »…

    – vers 1040 les Almoradives venus du nord-ouest saharien – tribu berbère islamisée – envahissent le territoire des Idrissides et étendent leur emprise vers l’est sur l’actuelle Algérie et passent sur la péninsule espagnole où ils occupent le Califat Omeyyade de Cordoue : c’est une conquête militaire initialement motivée par les richesses des terres du nord, mais qui se transforme très vite en opération fondamentalement religieuse puisque le but était de renforcer la prévalence de l’islam en déclin ou peu pratiqué dans certains territoires ; autre fait notable et pérennisé dans la pratique religieuse de l’islam au Maroc : le rite makélite fait son apparition et renforce la branche sunnite !…L’islam sunnite makélite est la religion actuelle du Royaume Chérifien !

    – vers 1130 se sont les Almohades, tribu berbère du haut Atlas et prônant un retour au dogme original chiite -, qui renversent les Almoradives, occupent leur territoire et l’étendent plus à l’est en englobant pratiquement toute l’actuelle Algérie, la Tunisie et une partie de la Lybie – ce qui était appelé l’Ifriqiya…

    – mais dès le début du XIIIe siècle la pression de la Reconquête chrétienne en Al Andalus et parallèlement des dissensions internes mettent le Royaume Almohade à mal ; il perd de son importance militaire et administrative, notamment face au clan des Mérinides – d’origine berbère – qui en termine avec lui en 1269 et la prise de Marrakech qui était sa capitale. S’ensuit une longue période d’instabilité interne alimentée par des rivalités familiales et d’alliance pour le pouvoir car le Royaume de Mérinides n’étant de fait qu’une confédération de micro territoires, et la guerre contre les armées chrétiennes hispano-portugaises affaiblit d’autant le Royaume et sonne la fin de la domination mérinide en 1465 avec l’assassinat du sultan Abu Muhammad Abd al Haqqa…

    – à partir de 1472 le clan des Wattassides, apparentés aux Mérinides – donc berbères -, prennent officiellement le pouvoir qu’ils exerçaient de fait depuis des décennies par le jeu des alliances et des postes à responsabilité mais leur sultanat se résume à la région de Fès, le territoire « marocain » est alors morcelé ; en outre leur mollesse face aux envahisseurs chrétiens, les nombreux compromis d’ordre militaire qu’ils acceptent avec ces derniers et des promesses de reconquête territoriale non tenues déplaisent et permettent à une dynastie concurrente venue du sud, les Saadiens – tribu arabe se réclamant de la famille du Prophète – de s’imposer par 2 points essentiels : de par sa prétendue ascendance (controversée), et par son ardeur à lutter contre les envahisseurs chrétiens et les « traîtres » leurs alliés, en reprenant peu à peu tous les territoires littoraux. Ces 2 faits vont réveiller un esprit « d’unité nationale » basée sur la religion…

    – finalement après plusieurs étapes militaires dont la prise de la région de Marrakech (1522) aux Wattassides, la scission du Royaume en deux en 1528 dont ils assurent la gouvernance de la partie sud, et ensuite la reconquête d’Agadir et du Souss (1541) aux mains des Portugais, les Saadiens s’imposent définitivement face aux Wattassides en 1554. Leur empire qui s’étend sur l’ancien Royaume Wattasside et déborde des frontières actuelles marocaines sur la pointe occidentale algérienne, le nord de la Mauritanie et du Mali actuels va perdurer avec des aléas politico-militaires et des dissensions familiales, des alliances de circonstance avec les Espagnols ou les Portugais d’abord face aux Turcs déjà présents aux frontières de l’est et qui menacent l’intégrité de l’empire par des incursions régulières (Tlemcen, Oran et Oujda sont mutuellement prises et reprises par les deux belligérants), puis revirement et alliance avec les Ottomans qui entrent au Maroc comme alliés et aident le prétendant au trône Abu Marwan Abd El Malik à prendre Fès et Marrakech (1578).

    – en 1603 avec la mort du sultan Abu Marwan Abd El Malik, le pays retombe dans une période de troubles et de luttes fratricides entre les sultans de Fès et de Marrakech pour le pouvoir durant un quart de siècle. Jusqu’à l’avènement des Alaouites, les Turcs implantés en Algérie joueront un grand rôle de soutien militaire envers les divers chefs de guerre rivaux, les dirigeants de confréries religieuses sans pour autant imposer de force leur présence sur le sol marocain, exception faite des zones frontalières de l’est.

    – en 1666, la dynastie Alaouite fait sien tout le Maroc d’alors sous le règne de Moulay Rachid, 3ème prince dans la lignée. En 1672 Il prend le titre de Sultan du Maroc et à partir de cette date le nouveau sultanat entre en conflit ouvert avec les Ottomans principalement pour des revendications territoriales sur la frontière de l’est, et des escarmouches ou réels affrontements militaires se poursuivront jusqu’en 1795 lorsque la frontière définitive entre le Sultanat du Maroc et l’Empire ottoman est fixée …

    …et nous en arrivons à votre autre affirmation « le Maroc n’a jamais été soumis au califat ottoman…» : en effet, et c’est la seule chose qui me paraît exacte dans ce que vous énoncez concernant le titre de « Commandeur des Croyants », dont je me plais à rappeler qu’il n’est porté par le souverain du Maroc que depuis 1958 !…

    On pourrait trouver plusieurs raisons à cette indépendance face aux turcs depuis l’avénement de la dynastie des Alaouites, pas toutes imputables aux actions « positives » du Sultanat, mais j’ai largement dépassé mon espace d’expression…

    El Marrakchi

  8. Pierre Z

    Dans un titre de chapitre vous faites l’inversion des prénoms et noms des pseudos journalistes français et votre inconscient a tout à fait raison. Il n’y en a pas un pour racheter l’autre, si j’ose dire (avec 80.000 euros d’acompte chacun, ça peut le faire…).
    J’ai bien écouté le plaidoyer d’Eric Laurent sur Itélé, c’est assez pitoyable car en finale il reconnait une transaction financière et ne conteste pas du tout la page manuscrite signée par eux deux. Nous n’avons donc plus à faire à des journalistes, mais à des commerçants. Dont acte, qu’ils rendent leur carte de presse et que les services de police et fiscaux (revenus non déclarés, hé, hé!) s’occupent de leur cas.
    Personnellement, j’ai eu l’occasion de filmer (c’était mon métier) en Afrique sub-sahélienne des choses non politiquement correctes, je n’imagine même pas accepter de monnayer les images avec les gouvernants responsables, au contraire, j’ai été assez écoeuré que certains sujets n’aient pas été diffusés au nom de la diplomatie…
    Ce message vient après une certaine logorrhée marrakchie, peut-être ne l’atteindrez-vous pas.

  9. Marie-Aude

    Si, si je surveille les commentaires , même ceux qui sont publiés après de très longs textes :)

    Vous ne voulez pas un job de relecteur ? Je ne m’étais même pas aperçue de mon lapsus, comme vous dites mon inconscient a parlé !

    Je partage votre éthique et votre écoeurement. Je comprends intellectuellement la nécessité du pragmatisme en politique… mais je ne fais pas de politique.

    De plus, je suis certaine que cette attitude de soutien de pouvoirs dictatoriaux nous retombe dessus à long terme.

    Je suis curieuse, vous pouvez me répondre via le formulaire de contact si vous voulez, êtes-vous aujourd’hui au Maroc ? Comment comparez-vous le Maroc avec l’Afrique noire ?

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